La préférence pour les goûts très sucrés décroît entre l’enfance et l’âge adulte, avec une nette diminution à l’adolescence. Pour tenter d’expliquer cette tendance, des différences de perception, de physiologie et d’habitudes alimentaires ont été recherchées entre des enfants préférant des solutions très sucrées ou peu sucrées. Des rinçages de bouche avec des solutions de saccharose ont révélé les préférences de 143 enfants (11-15 ans), leur seuil de détection et l’intensité perçue. Leurs stades de croissance et de développement pubertaire étaient estimés par un biomarqueur de la croissance osseuse, la stature, la concentration de différentes hormones et une autoévaluation du stade pubertaire, et leurs comportements alimentaires mesurés par questionnaire. Les enfants à « forte préférence » pour les boissons très sucrées (n = 88) ne différaient pas des enfants à « faible préférence » (n = 53) en termes de : perception sensorielle, âge, IMC, stade pubertaire ou restriction diététique. En revanche, le taux de collagène osseux dans les urines, témoin du turn-over accru avec la croissance, était significativement abaissé chez les enfants à « faible préférence » (F(1,133) = 4,79 ; p<0,05), ainsi que les taux de leptine plasmatique (F(1,129) = 5,64 ; p<0,05). Ces taux divergeant entre garçons et filles en fin de puberté, n’expliquent pas la diminution commune aux deux sexes de la préférence sucrée, mais sont plutôt liés à des changements de masse musculaire et de masse grasse. Le goût du sucre chez les enfants est donc physiologique, son amoindrissement étant lié à l’arrêt de la croissance, indépendamment de la puberté !


Le goût des enfants pour le sucré répond à un besoin physiologique. COLDWELL S.E. et al., Physiol Behav, 2009, 96 : 574-80

 

Auteur : Coldwell SE et al

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 36 - Juillet 2009 - N36002