Durant l’enfance, les sensations de faim et de satiété, régulant les besoins énergétiques, tendent à devenir sensibles aux stimuli extérieurs. Des signaux extérieurs comme l’influence des parents en termes d’habitudes alimentaires, peuvent avoir une plus grande incidence que les propres sensations internes de l’enfant.Dans cette étude, le but est d’identifier les éventuelles relations unissant les habitudes alimentaires des mères, leurs attitudes en matière de nourrissement et les propres habitudes alimentaires des enfants. Les auteurs de cette série ont repris les données d’une grande cohorte américaine menée dans le cadre du programme Head Start à destination des familles à faibles revenus. Ils ont analysé les informations récoltées au sein d’un échantillon de 222 mères, latino (48%) et afro-américaines (52%), et d’enfants d’âge préscolaire (4 ans et demi) dont un tiers était en surpoids ou obèse. Les données recueillies par les différents questionnaires ont permis de tracer des profils de comportement et d’habitudes alimentaires. Les auteurs ont ainsi noté que les mères adoptant un comportement alimentaire de type « soumis aux influences extérieures », comme consommer plus lorsqu’elles regardent les autres manger ou encore lorsque les aliments sont facilement accessibles, étaient corrélées significativement aux enfants à comportement de type « vorace » ou inversement « chicaneur ». En analyse médiationnelle, ces mêmes mères sont apparues liées aux enfants « chicaneurs », via une attitude habituelle de « nourrissement contrôlé ». Cette attitude n’a pas été trouvée en lien avec le comportement « vorace », suggérant une influence directe du modèle de comportement alimentaire maternel. Enfin, les deux comportements alimentaires des enfants « vorace » et « chicaneur » ont été positivement reliés au comportement maternel de type « émotionnel impulsif » qui renvoie à l’idée de manger sous l’influence des émotions telles que l’irritabilité ou encore le stress. En dépit de sa nature transversale ne permettant pas de déterminer un lien causal, cette étude démontre l’intérêt potentiel d’actions à mener en direction des parents de jeunes enfants, afin d’améliorer l’environnement nutritionnel dès leur plus jeune âge et ainsi de le rendre propice à l’acquisition d’habitudes alimentaires « saines ».

Exploring the effects of maternal eating patterns on maternal feeding and child eating.

Morrison H, Power TG, Nicklas T, Hughes SO.

Appetite. 2013 Apr;63:77-83.

Auteur : MORRISON H

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 52 - Juin 2013 - N52003 (Réf. 4477)