Concernant l’étude du Dr Soffritti, Institut Ramazzini (cancers chez les souris exposées à des fortes consommations d’aspartame durant toute leur vie), le collectif d’experts toxicologues et épidémiologistes de l’Anses* est assez critique sur l’usage approximatif des bonnes pratiques de laboratoire de l’équipe italienne et sur les variations de tests statistiques appliquées et non expliquées suivant les lots d’animaux étudiés (« un protocole inhabituel non conforme »). En résumé, pas de relation démontrée du type dose-effet pour l’aspartame chez la souris et rien d’extrapolable à l’homme. L’Anses est moins sévère avec l’étude danoise sur l’association entre risque d’accouchements prématurés et consommation de boissons light. Mais l’étude manque de précisions sur les questionnaires d’enquêtes, les consommations alimentaires, l’historique des femmes enceintes,… et n’est donc pas conclusive. Enfin, les mécanismes pouvant expliquer l’augmentation d’accouchements prématurés doivent faire l’objet de recherches complémentaires.
 
En conclusion, « l’Anses estime que ces nouvelles études n’apportent pas de bases scientifiques suffisantes pour une réévaluation de l’aspartame au plan toxicologique. » Au delà des interrogations d’ordre toxicologique partagées avec l’EFSA sur l’aspartame et les autres édulcorants, la question de l’intérêt nutritionnel des édulcorants intenses est régulièrement posée, selon l’Agence. « Dans ce contexte, l’Anses va mettre en place un groupe de travail chargé d’évaluer les bénéfices et les risques nutritionnels des édulcorants intenses et la nécessité éventuelle d’élaborer des recommandations pour des populations sensibles – parmi lesquelles les femmes enceintes – qui seraient identifiées au cours de ce travail. »
 
* Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
Anses – Saisine n° 2011-SA-0015, 14 mars 2011-03-15