Les femmes atteintes de diabète gestationnel (DG) précoce présentent une thermogenèse post-prandiale (TPP) plus basse que la moyenne qui persiste en post-partum. Le système sympatho-surrénalien étant impliqué dans la thermogenèse et la sensibilité aux catécholamines étant diminuée dans les états d’insulino-résistance, cette équipe britannique a suggéré que la réponse thermogénique à l’adrénaline pourrait être altérée après un diabète gestationnel. Pour vérifier cette hypothèse, la sensibilité à l’insuline, la TPP et la réponse à une injection d’adrénaline ont été mesurées après un repas standard chez 20 femmes normo-pondérales et normo-glycémiques, dont 10 avaient eu un DG auparavant. La sensibilité moyenne à l’insuline s’est avérée similaire dans les groupes DG et contrôle (29,1 ± 3,2 vs 30,9 ± 1,6 mg/L/min). En revanche, dans le groupe DG, la TPP précoce (0-30 min) était diminuée (10 ± 2 vs 15 ± 1 kJ, p = 0,04) et retardée [médiane de temps: 57 (47–79) vs 29 (25–49) min, p = 0,01]. Cependant la TPP globale et la réponse thermogénique à l’adrénaline étaient similaires dans les 2 groupes. Une corrélation significative a néanmoins été retrouvée dans le groupe DG entre la TPP précoce et la réponse thermogénique à l’adrénaline (r = +0,65, p = 0,04) et entre l’augmentation de dépense énergétique après injection d’adrénaline et la TPP globale (r = +0,71, p = 0,02). S’il ne semble pas y avoir de problème de sensibilité à l’adrénaline chez les femmes ayant eu un DG, la réponse thermogénique post-prandiale précoce est néanmoins réduite et corrélée avec la réponse thermogénique à l’adrénaline, une association qui peut prédisposer ces femmes à un gain de poids ultérieur.

L’altération de la thermogénèse post-prandiale après un diabète gestationnel n’est pas liée à la résistance à l’insuline. Forbes S., Robinson S., Parker K., MacDonald I. et al. Eur J Clin Nutr, 2009, 63 : 1360-67


Documents supports :
Brèves Nutrition N° 38 - Décembre 2009 - N38012