Des chercheurs américains ont évalué le rôle, dans la surconsommation d’aliments palatables (agréables au goût), d’un dérèglement de l’équilibre entre la recherche de récompense immédiate (médiée par le système dopaminergique mésolimbique) et l’inhibition (dépendant du cortex préfrontal).

Les 62 femmes participant à cette étude, toutes en surpoids ou obèses, ont tout d’abord mangé une bouillie de flocons d’avoine jusqu’à satiété afin que la suite de l’expérimentation se déroule en l’absence de toute faim physiologique.

Un questionnaire spécifique, la Power of Food Scale, a permis de mesurer leur sensibilité à la gratification tirée de la consommation alimentaire. L’inhibition, ou plutôt le contrôle de l’inhibition, a été mesurée à l’aide d’un test consistant à accepter ou refuser une remise pour paiement comptant (préférez-vous recevoir 60 dollars tout de suite ou 100 dollars dans un mois ?), en faisant varier les deux termes (remise acceptée et délai de paiement de la somme totale).

Elles ont ensuite passé un test factice d’évaluation du goût de plusieurs aliments appétissants (chips, chocolat au lait, cacahuète), disponibles à volonté, dont le véritable but était de mesurer leur consommation alimentaire, évaluée en kcal, en dehors de besoins énergétiques réels. Les apports caloriques totaux des participantes se sont étalés de 40 kcal à 665 kcal.

L’analyse des données obtenues a révélé que l’interaction entre sensibilité à la gratification et contrôle de l’inhibition prédit l’importance de la surconsommation. Plus précisément, une sensibilité élevée à la gratification prédit une surconsommation importante lorsque le contrôle de l’inhibition est faible mais pas lorsqu’il est élevé. Le renforcement de l’inhibition pourrait donc être intégré avec profit dans les programmes de réduction pondérale.

Inhibiting food reward: delay discounting, food reward sensitivity, and palatable food intake in overweight and obese women. Appelhans B.M., Woolf K., Pagoto S.L., Schneider K.L., Whited M.C., Liebman R. Obesity (Silver Spring), 2011, vol. 19, No. 11, pp. 2175-2182.

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Brèves Nutrition N° 47 - Avril 2012 - N47006 - Réf. 4705