Il a été préalablement montré que les enfants sensibles au goût amer du 6-n-propylthiouracil (PROP) déclarent consommer plus fréquemment des sucreries et moins fréquemment de la viande que ceux insensibles au PROP.

Le but de cette étude sur des enfants de 4 à 6 ans d’ethnicités différentes vivant aux Etats-Unis (n=79) était d’explorer la relation entre la génétique du goût et le comportement alimentaire de l’enfant. Le phénotype PROP – appelé également « goûteur »- a été évalué selon deux méthodes : 1) une méthode traditionnelle d’identification de goûteurs et de non-goûteurs ; 2) une méthode utilisant trois concentrations pour évaluer les seuils de perception du PROP. Une étude du génotype TAS2R38 (un récepteur au goût amer en relation avec le phénotype PROP) a été faite sur la salive. La taille et le poids des sujets ont été mesurés. Un buffet-test palatable comprenant des aliments denses en énergie tels que des aliments sucrés, gras et sucrés ainsi que gras et salés a été proposé aux enfants. Les résultats du repas test montrent un apport énergétique par les sucreries plus élevé pour les goûteurs que pour les non-goûteurs. Le statut PROP n’a pas influencé la consommation d’aliments gras salés, mais l’indice de masse corporelle l’a modifiée. Lors du buffet, les enfants goûteurs au PROP ont consommé préférentiellement des aliments sucrés, alors que les enfants plus lourds ont consommé plus d’aliments gras et salés. Ces résultats peuvent permettre de comprendre les différences de susceptibilités à la surconsommation de sucres ajoutés et de matières grasses invisibles. Des études prospectives sont nécessaires pour clarifier comment le phénotype au goût PROP intervient sur la perception du sucré et les préférences au cours du développement.

Bitter taste phenotype and body weight predict children’s selection of sweet and savory foods at a palatable test-meal.

Keller KL, Olsen A, Cravener TL, Bloom R, Chung WK, Deng L, Lanzano P, Meyermann K.

Appetite. 2014 Jun;77:115-23

 

 


Auteur : KELLER KL

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 56 - Juin 2014 - N56003 (Réf 4536)