La consommation de boissons sucrées (BS) a triplé durant les trois dernières décennies aux Etats-Unis – 2 verres/personne/jour – et représente 1/3 de l’apport de sucres ajoutés à l’alimentation ; le sirop de glucose enrichi en fructose (HFCS) étant passé de <1% à 42% des édulcorants caloriques ajoutés. Afin d’évaluer la robustesse du lien entre consommation de BS et prise de poids, une revue de la littérature de 1966 à 2006 a été effectuée. Quatre mécanismes potentiellement impliqués dans la promotion de l’obésité et du risque cardiovasculaire par la consommation de BS sont discutés: augmentation des apports caloriques, stimulation de l’appétit, effets métaboliques délétères du HFCS et diminution de la consommation de lait. Parmi les études observationnelles pertinentes, 6 études transversales sur 15 et 6 études prospectives de cohorte sur 10 ont révélé des associations significatives entre consommation de BS et prise de poids. Deux études interventionnelles chez les enfants ou les adolescents (n = 644 et n = 103 respectivement) ont montré un ralentissement de la prise de poids avec une diminution de la consommation de BS. Chez l’adulte, 3 petites études d’intervention (n = 41, n = 30, n = 15) durant 10 semaines maximum ont mis en évidence un gain de poids associé à la prise de BS. Compte tenu du faible nombre d’études pertinentes, des essais randomisés, multicentriques, à long terme et sur une large population, étudiant les effets sur les lipides et les autres facteurs de risque cardiovasculaires, sont nécessaires avant de tirer des conclusions définitives sur le rôle des BS en termes de santé publique.


Soft drinks and weight gain : how strong is the link ? E. Wolff et al. Medscape J Med, 2008, 10, 189

 

Auteur : E. Wolff et al.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 36 - Juillet 2009 - N36008