La consommation de sucres, et en particulier de sucres ajoutés, est désignée comme une cause majeur de maladies chroniques, dont l’obésité, les maladies cardiaques, le diabète et les caries dentaires. Les résultats des études s’intéressant à l’association d’une consommation élevée en sucres ajoutés au taux d’obésité sont cependant inconsistants et le débat se poursuit sur le rôle du sucre dans cette épidémie. Différents gouvernements et autorités de santé ont émis des recommandations pour limiter la consommation de sucres, dont la définition peut varier (sucres totaux, ajoutés ou libres). Les recommandations les plus récentes ont été publiées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en mars 2015 et proposent comme recommandation conditionnelle une limite à 5% des apports énergétiques pour les sucres libres. Les auteurs de cette étude américaine ont voulu savoir s’il est possible de respecter ces recommandations tout en consommant une alimentation recommandée par le Département Américain de l’Agriculture (USDA) ou par l’Académie de Nutrition et Diététique (AND).

 

Les chercheurs ont utilisé la version 2014 de la base de composition nutritionnelle « Nutrition Data System for Research » (NDSR), qui inclut des estimations des sucres ajoutés. Ils ont ainsi analysé le contenu en sucres totaux et ajoutés dans les repas créés par l’USDA et l’AND.

Les résultats montrent que dans le menu de l’USDA, les sucres totaux apportent en moyenne 23,3% de l’énergie et les sucres ajoutés 5,1% de l’énergie alors que dans le menu imaginé par l’AND, ils apportent en moyenne 21,2% de l’énergie et 3,1% de l’énergie vient des sucres ajoutés. Cependant, les recommandations de l’OMS portent sur les sucres libres et incluent ainsi les jus de fruits. En ajoutant les sucres libres des jus de fruits du menu de l’USDA, les auteurs ont calculé que 8,7% de l’énergie provenait de sucres libres, ceci étant supérieure à la limite la plus stricte de l’OMS des 5%. Le menu proposé par l’AND n’incluait pas de jus de fruit et son taux de sucres libres reste donc inférieur à la recommandation de 5% de l’énergie de l’OMS.

 

Ainsi, les recommandations conditionnelles de l’OMS sont jugées trop restrictives et difficilement atteignables pour la plupart des Américains par les auteurs de cette étude. De plus, la définition non universelle pour les sucres libres apporte de la confusion et pourrait conduite à réduire les apports en aliments riches en certains nutriments intéressants comme les yaourts, céréales complètes ou tartes aux fruits.

 

Are restrictive guidelines for added sugars science based?

Erickson J, Slavin J.

Nutr J. 2015 Dec 12;14:124

Auteur : ERICKSON J

Documents supports :
Brèves Nutrition n°64 - Juin 2016 - N64011