Cette revue fait le point sur les études de Stanhope et al concernant les effets endocriniens et métaboliques du fructose. Dans plusieurs études à court et long terme, cette équipe a d’abord montré que par rapport au glucose, la consommation de fructose diminuait les concentrations post-prandiales de leptine et d’insuline, signaux clés au niveau du système nerveux central dans la régulation de la balance énergétique à long terme. Ainsi, la consommation prolongée d’une alimentation riche en fructose pourrait contribuer à la prise de poids en diminuant les dépenses ou en augmentant les apports caloriques. La validation de cette hypothèse chez l’homme étant difficile et coûteuse, une étude a été menée chez le singe, mais les résultats sont équivoques, la prise de poids induite par le fructose à 3 et 6 mois n’étant plus significative à 1 an. Par ailleurs, les auteurs ont montré que la consommation de boissons sucrées au fructose versus glucose augmentait substantiellement la triglycéridémie à court et long terme, chez des sujets sains ou obèses. À long terme, elle induit également un profil lipidique plus athérogène en augmentant la concentration en Apolipoprotéine B et le nombre de petites particules de LDL cholestérol. Concernant le saccharose et le sirop de glucose enrichi en fructose, ils auraient le même effet à court terme que le fructose seul sur la triglycéridémie alors qu’un effet intermédiaire entre fructose et glucose était attendu. Les auteurs concluent que des études à long terme sont nécessaires pour déterminer les effets de ces sucres sur le métabolisme lipidique et glucidique.


Endocrine and metabolic effects of consuming beverages sweetened with fructose, glucose, sucrose, or high-fructose corn syru. KL Stanhope et al. Am J Clin Nutr, 2008, 88, suppl : 1733S-7S

 

Auteur : KL Stanhope et al.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 35 - Avril 2009 - N35007