Une consommation excessive de sucre peut-elle vraiment engendrer des problèmes de comportement comme le suggèrent certaines études ? Selon cette revue des études sur le sujet, il n’existe pour l’instant aucune preuve d’un tel effet délétère du saccharose sur le comportement. Certaines études ont suggéré que le saccharose était responsable d’une hyperactivité et de problèmes comportementaux chez l’enfant, mais aucune n’a pu établir de relation de cause à effet. En revanche, des méta-analyses d’études bien contrôlées ont montré que certains types d’aliments pouvaient influencer négativement le comportement de certains enfants. Cependant, les intolérances au saccharose sont bien moins courantes que les intolérances au blé, produits laitiers ou chocolat. Le rôle de l’hypoglycémie, bien que rare chez les individus bien nourris, a aussi été envisagé. En effet, chez certaines personnes, des taux bas de glucose (55mg/dl), sans atteindre le seuil de l’hypoglycémie (40 mg/dl), seraient associés à une certaine agressivité et irritabilité, mais aucun lien direct n’a pu être démontré. L’hypothèse d’un intermédiaire hormonal, la sérotonine, influençant l’agressivité et la glycémie a été évoquée, la consommation exclusive de glucides favorisant sa synthèse par l’entrée de tryptophane dans le cerveau. Cependant, ce phénomène ne survient pratiquement jamais, car il est bloqué par la consommation de seulement 5% de protéines. Enfin, l’hypothèse d’une éventuelle dilution des micronutriments n’est pas non plus vérifiée, l’apport en micronutriments étant plus étroitement lié à l’apport énergétique total qu’à la consommation de saccharose.


Sucrose and behavioral problems. BENTON D. Critical Reviews in food science and nutrition, 2008, 48 : 385-401

Auteur : Benton D

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Brève Nutrition N° 34 - Janvier 2009 - N34004