The influence of food portion size and energy density on energy intake : implications for weight management

Bien qu’elles ne puissent établir de lien direct entre la taille des portions alimentaires et le développement de l’obésité, plusieurs études observationnelles ont montré que l’augmentation de la prévalence de l’obésité coïncidait avec une augmentation de la taille des portions, suggérant que des portions plus grandes pourraient être un des facteurs contribuant à une surconsommation passive qui, lorsqu’elle est récurrente, conduit à l’obésité. Cependant, la densité énergétique (DE) des aliments consommés intervient aussi sur les apports caloriques. C’est pourquoi, plusieurs auteurs voulu faire le point des études traitant de l’influence de la taille des portions et de la DE sur les apports caloriques avant d’envisager une étude systématique des relations entre ces 2 facteurs et la prise de poids. Concernant la taille des portions, il semblerait qu’avant l’âge de 2 ans, l’enfant ne soit pas influencé par ce paramètre et qu’il contrôle ses apports uniquement en répondant aux signaux physiologiques de faim et de satiété. En grandissant, l’enfant acquiert des habitudes alimentaires, et les facteurs externes comme la taille des portions, prend alors  le pas sur les signaux internes. A l’âge adulte, plusieurs études ont montré que la taille de la portion, voire de l’emballage, avait une influence notable sur les apports alimentaires. En effet, selon Rolls et al., plus le paquet est gros, plus la portion servie est grande. De même, l’augmentation des portions fait ingérer 30% d’énergie supplémentaire, qui ne semble pas compensée lors des repas suivants : bien que les sujets se sentent plus rassasiés, ils ne diminuent pas pour autant leurs apports ultérieurs. Cet effet de la taille des portions est retrouvé non seulement avec divers types d’aliments et dans des conditions variées (repas simples, multiples, à la maison, au restaurant) mais aussi chez des sujets de caractéristiques variées (genre, âge…). L’adulte pourrait donc apprendre à manger sans faim et ignorer les signaux physiologiques quand on lui présente une grande portion. Cependant, selon certaines études, de grandes portions n’entraînent pas la même surconsommation alimentaire selon le type d’aliment qu’elles contiennent. En effet, la DE des aliments (contenu énergétique en fonction du poids de l’aliment), intervient aussi sur le contrôle de la prise alimentaire. Ainsi, une large portion d’un aliment riche en eau aura le même effet sur la satiété qu’une portion de poids égal d’un aliment lipidique à forte DE mais son apport énergétique sera inférieur. Cependant la ration énergétique d’un repas dépend uniquement de la DE des aliments solides qu’il contient, la consommation d’eau avec le repas n’intervenant pas. DE et portion alimentaire auraient aussi un effet additif sur la prise alimentaire, les obèses consommant notamment de plus larges portions d’aliments à forte DE.

Cependant, l’effet de la DE, pourtant très puissant sur les apports à court terme, ne semble pas intervenir sur le statut pondéral ni sur les apports énergétiques à long terme, une absence de corrélation qui pourrait s’expliquer par des effets de compensation ou d’ajustement de la taille des portions. Néanmoins, certains auteurs conseillent aux personnes souhaitant perdre du poids de consommer des portions de taille satisfaisante, de faible DE, ce qui permet à la fois de conserver la satiété et de diminuer l’apport énergétique

 

Dr François ELKIK


 

The influence of food portion size and energy density on energy intake : implications for weight management. ELLO-MARTIN J.A., LEDIKWE J.H., ROLLS B.J., MICHELS S., BELLILTE F.Am J Clin Nutr et La Lettre Scient de l’IFN nov 2005, p. 1-8, 82, suppl : 236S-41S


Auteur : J.A. Ello-Martin, J.H. Ledikwe, B.J. Rolls, S Michels, F Bellislte

Documents supports :
Brèves Nutrition 28 / Avril 2006 - N28001