Une étude a été conduite chez 52 volontaires âgés en moyenne de 25 ans pour évaluer l’impact de la représentation mentale du devenir gastrique des aliments (liquides ou solides) sur les réponses cognitives et biologiques consécutives à l’ingestion.

Quelle que soit leur consistance, les aliments testés (boisson ou cubes de gélatine) avaient le même goût, le même contenu calorique et le même contenu en macronutriments (0 % de lipides, 88,4 % de glucides et 11,6 % de protéines). En réalité, tous les aliments tests étaient également formulés pour être liquides dans l’estomac.

Avant chaque session, les volontaires assistaient à une démonstration factice du devenir gastrique de l’aliment test. Celui-ci était plongé dans un liquide décrit comme étant du liquide gastrique qui en respectait ou en modifiait la consistance comme indiqué dans le tableau ci-dessous.

 

« Démonstrations » du devenir gastrique des aliments tests

Aliment test

Session

Liquide gastrique factice

Effet

Boisson

Liquide-liquide

Eau du robinet

Maintien de la consistance liquide

Boisson

Liquide-solide

Solution de chlorure de calcium*

Solidification de la boisson

Solide

Solide-liquide

Eau chaude

Liquéfaction de l’aliment solide

Solide

Solide-solide

Eau froide

Maintien de la consistance solide

*Pour cette « démonstration », la boisson était également factice : il s’agissait d’une solution d’alginate.

 Lors de chaque session, après avoir consommé l’aliment test, il était demandé aux volontaires de manger jusqu’à ce qu’ils soient rassasiés.

Comparé à l’ensemble « aliment solide et/ou représentation d’un devenir solide », l’ensemble « boisson et/ou représentation d’un devenir liquide de l’aliment » a été associé à un appétit résiduel plus marqué et une moindre satiété, de même qu’à une vidange gastrique accélérée et un temps de transit plus court. Une sécrétion moins importante d’insuline et de glucagon-like peptide 1 a également été observée. De plus, les volontaires ont consommé plus de calories les jours où ils étaient persuadés du devenir liquide de l’aliment test. Toutes ces différences étaient statistiquement significatives.

Ces données indiquent que le pouvoir rassasiant relativement faible des boissons sucrées serait lié à la fois à des éléments physiologiques mais aussi à des éléments cognitifs fortement intriqués.

 

Beverage consumption, appetite, and energy intake: what did you expect ? Cassady B.A., Considine R.V, Mattes R.D.  Am J Clin Nutr, 2012, vol. 95, No. 3, pp. 587-593.

 

 


Auteur : Cassady BA

Documents supports :
Brèves Nutrition n° 48 - Juin 2012 - N48005 (Réf 4719)