Gilles Bollé, président du Cedus. « Je veux apporter du bon sens dans l'usage du sucre et je veux porter le débat auprès des politiques à l'occasion de cette année d'élections présidentielle et législative. »
Gilles Bollé, président du Cedus. « Je veux apporter du bon sens dans l’usage du sucre et je veux porter le débat auprès des politiques à l’occasion de cette année d’élections présidentielle et législative. »

Gilles Bollé, planteur à Cambronne-lès-Clermont dans l’Oise, a été nommé président du Centre d’études et de documentation du sucre (Cedus) au titre de membre du bureau du Conseil de surveillance de Tereos. Il remplace Bruno Hot, président du SNFS, qui a assuré ce mandat pendant 9 ans.

Sa nomination fait suite aux changements intervenus dans les instances interprofessionnelles de la filière dans le cadre de la fin des quotas sucriers. Ainsi, la nouvelle association interprofessionnelle betterave-sucre (AIBS) va être financée par deux sources : une cotisation volon-taire obligatoire (CVO) planteurs et une CVO fabricants. L’enveloppe globale va servir notamment à financer le Cedus et l’ITB.

 

Comme l’AIBS est présidée par un membre du SNFS, en la personne de Francis Lesaffre, président de Lesaffre frères (Nangis), et que l’ITB est présidé par un membre de la CGB, Alexandre Quillet, planteur dans l’Eure, la présidence du Cedus est revenue à un membre de Tereos. Gilles Bollé, déjà membre du bureau du Cedus, a donc été nommé.« Ma volonté à la tête du Cedus est d’améliorer l’image du sucre qui a été écornée dernièrement, et de défendre la filière dans son ensemble au travers du sucre qui est le principal débouché de la betterave produite sur le territoire français », explique Gilles Bollé qui a l’intention de consulter prochainement les différents acteurs de la filière. Il s’agit aussi de défendre le sucre face aux attaques fiscales, la dernière en date ayant été fin 2016, avec la volonté de Bercy d’instaurer une taxe sur le sucre dans le projet de loi de finances 2017.

 

« As-tu fait le Cedus ? » Un autre axe d’intervention du nouveau président concerne l’aspect scientifique et les débats nutritionnels autour du sucre. « Je suis bien conscient du risque d’un excès de consommation de sucre, comme c’est aussi le cas pour le sel, le gras, les féculents et de nombreux autres aliments. Ce n’est pas pour autant qu’il faut le condamner, considère Gilles Bollé. Au contraire, il faut le promouvoir comme un ingrédient qui fait partie de l’équilibre alimentaire et qui est source de plaisir au travers des desserts. « Je veux apporter du bon sens dans l’usage du sucre et je veux porter le débat auprès des politiques à l’occasion de cette année d’élections présidentielle et législative. » Gilles Bollé se réjouit de la notoriété qu’a le Championnat de France du dessert organisé chaque année par le Cedus. « Dans le monde des pâtissiers, on ne dit pas “As-tu fait le championnat de France du dessert ?”, mais “As-tu fait le Cedus ?”, comme on dirait “As-tu fait le Vendée Globe ou le Paris-Dakar ?”. Et ça, c’est une vraie réussite qu’il faut souligner. »

 

NICOLE OUVRARD