La France est un des pays les plus engagés dans la lutte contre le gaspillage alimentaire qui, selon la FAO, représente au niveau mondial 1,3 milliard de tonnes par an. Avec un double avantage : associer les pratiques économiquement et écologiquement vertueuses à des habitudes alimentaires favorables à la santé.

En France, le gaspillage alimentaire est estimé à 20 kg de déchets par an et par personne.1 Face à l’ampleur du phénomène, les initiatives se sont multipliées au cours des dernières années pour encourager de nouvelles pratiques en agissant sur les leviers de la proximité et du lien entre consommateurs. Une génération spontanée de blogs, tutoriaux, applications pour smartphones et autres fils de discussion est apparue pour partager des aliments excédentaires, des petits plats non consommés, des astuces pour valoriser les restes ou mieux gérer ses approvisionnements, des adresses où se procurer des invendus…
Une équipe de chercheurs de l’Ademe a confirmé ce que le bon sens laisse entrevoir comme un corolaire vertueux : pour les consommateurs, les pratiques de réduction des déchets s’inscrivent dans une démarche plus globale de bien manger et de bien vivre.2 Comme le soulignent les sociologues qui ont réalisé cette enquête, « que les foyers entrent dans la démarche pour faire des économies, protéger leur santé ou l’environnement, ils y rencontrent souvent de la satisfaction liée à la nature des produits ou au fait de cuisiner soi-même ou en famille. Surtout, ils trouvent du sens dans leur engagement qu’ils associent à une forme de simplicité volontaire. »3

Le « fait maison » au cœur du mouvement

Le « Zéro déchet » est devenu un mouvement qui traverse la société et réunit des communautés de consommateurs. Si le déclic est souvent motivé par des critères économiques, le bien-être et la santé semblent des facteurs décisifs. Les consommateurs mettent alors en place de nouvelles stratégies d’achats et de nouvelles routines qui, tout en réduisant les déchets et les emballages, induisent de nouvelles pratiques dont le « fait maison » constitue la clé de voûte.
Prévoir ses repas à l’avance, faire ses courses en flux tendu et en fonction des besoins réels du foyer, acheter des produits en vrac, privilégier les produits bruts ou peu transformés et issus des filières locales, cuisiner des portions adaptées à chaque convive : tous ces réflexes « anti-gaspi » rejoignent les avis scientifiques qui attribuent à la cuisine maison, à la maîtrise des portions alimentaires et à la consommation d’aliments simples, peu transformés, une place prépondérante dans les dispositifs de prévention de l’obésité et des pathologies associées. À ce titre, ils s’inscrivent dans les recommandations habituelles des nutritionnistes comme dans celles de l’Anses, qui a récemment souligné l’intérêt des préparations maison pour favoriser une consommation raisonnée de certains nutriments, notamment de sucre.4
Le constat est d’autant plus encourageant, que les auteurs de l’étude de l’Ademe pointent le caractère solide et pérenne de la tendance : « les pratiques anti-gaspillage s’inscrivent dans une évolution profonde des modes de vie qui se ressent dans l’éducation et les valeurs transmises aux enfants. » Gage supplémentaire de leur succès, « elles sont perçues comme faciles, ludiques et positives, non seulement sur le plan nutritionnel mais aussi gustatif. » Preuve que, dans le champ alimentaire comme dans les représentations du bien-être, le plaisir reste un critère décisif pour adopter de nouvelles habitudes et adhérer à un autre style de vie.

Des desserts anti-gaspi

Pour les foyers, l’univers du sucré est un traditionnel allié de la lutte contre le gaspillage. Outre le fameux le pain perdu, il existe un grand nombre de recettes permettant de valoriser les restes ou les aliments en « fin de vie », particulièrement les fruits qui renaissent en crumbles, verrines, compotes, confitures, sirops, sorbets et autres smoothies… Il existe même des recettes de gâteaux utilisant comme ingrédient les peaux de banane mixées ! Parallèlement, le retour en force des yaourts et desserts maison réduit la consommation de produits transformés, donc d’emballages. Enfin, les principaux ingrédients du placard à dessert – sucre, farine, levure, chocolat – sont des produits d’épicerie sèche qui se conservent longtemps, qui sont utilisés de manière fractionnée et qui, de fait, finissent rarement à la poubelle.

1. Source : agriculture.gouv.fr
2. Enquête « Bien vivre en zéro déchet », Ademe, 2016-2017
3. « Bien manger sans gaspiller : simplicité volontaire dans les pratiques alimentaires », Cahiers de nutrition et de diététique, mars 2019.
4. Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, juin 2019

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Grain de Sucre n°49