Suite au Congrès de la NASH (non alcoholic steatohepatitis) qui vient de se  tenir à Paris, les médias ont relayé quelques informations  sur les relations entre le fructose, les boissons sucrées et cette maladie. L’occasion de faire le point.

 

Qu’est-ce que la NASH ? C’est l’acronyme anglais de « stéatohépatite non alcoolique », une maladie qui touche le foie et progresse en parallèle de l’épidémie mondiale d’obésité et de diabète. Plus de 200 experts français et américains se sont réunis le 25 et 26 juin 2015 à Paris pour faire le point des connaissances scientifiques sur le sujet.

 

Cette maladie du foie évolue lentement et affecte principalement les personnes en surpoids, obèses ou diabétiques. Elle se traduit par une accumulation de graisses dans le foie (« stéatose hépatique non alcoolique ou stéatose simple »), qui provoque ensuite des lésions des cellules du foie et un état inflammatoire pouvant évoluer vers une fibrose, une cirrhose voire un cancer du foie. La stéatose simple concernerait 20 à 30 % de la population générale en Europe et aux Etats-Unis ; la NASH toucherait entre 3 et 5 % de la population aux Etats-Unis.

 

La cause exacte de la NASH n’est pas complètement élucidée mais un déterminant important de cette maladie semble être une alimentation riche en graisses saturées et pauvre en fibres. De plus, les personnes ayant des consommations particulièrement élevées en fructose, via les boissons notamment,  auraient un risque majoré, le fructose consommé en excès contribuant à l’accumulation d’acides gras dans le foie.

 

A noter que les études scientifiques s’accordent sur un point : l’effet du fructose dépend étroitement des quantités ingérées. En dessous de 50 g/j, il n’y aurait pas d’effet négatif sur le métabolisme. Au-delà de 100 g de fructose par jour, le fructose entraîne chez l’homme une accumulation de graisses dans le foie et augmenterait ainsi à long terme le risque d’apparition de la NASH. En France, la consommation moyenne de fructose est estimée actuellement à 42 g de fructose par jour. Selon les spécialistes, chez les sujets obèses, quelle que soit la nature de l’excès calorique, la stéatose hépatique est fréquente et la NASH est loin d’être exceptionnelle.

 

Sources

– Congrès NASH Paris 2015 : www.sfdiabete.org/paris-nash-symposium  

– LE FRUCTOSE, Etat des lieux du Fonds français pour l’alimentation et la santé, juin 2014, alimentation-sante.org