Interrogée sur la taxation des boissons sucrées, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn a déclaré lors d’une interview télévisée : « le sucre tue énormément ! ».

Cette affirmation n’est pas acceptable. La parole ministérielle engage et de tels propos portent fortement préjudice à toute la filière betterave-canne-sucre.

Nous sommes persuadés que les déclarations de la Ministre ne visaient pas directement le sucre, mais qu’ils nommaient par ce raccourci les excès de consommation des sucres et des produits sucrés. Ces excès entrent sans aucun doute dans les mécanismes à l’origine de l’obésité et des maladies associées, mais au même titre que tous les glucides représentant la moitié de l’alimentation des Français. Il est trop facile de prendre le sucre de betterave et de canne comme bouc émissaire.

 

La filière betterave-canne-sucre demande donc respectueusement à la Ministre de revenir sur ses propos. Nous lui avons également adressé un courrier en ce sens.

Concernant la question complexe des liens entre l’alimentation et la santé, la filière ne veut pas croire qu’il s’agisse d’autre chose que d’un raccourci simpliste par lequel une partie (le sucre) devient le tout (l’ensemble des sucres et des produits sucrés, et plus généralement de tous les glucides).

Le sucre contribue légitimement aux plaisirs de la table mais doit bien évidemment être consommé de manière responsable, sans excès, comme tous les aliments. L’ANSES recommande de ne pas dépasser des apports en sucres de 100 g/jour (tous les sucres hors lactose). Les Français consomment en moyenne 80 g de sucres/jour ; les surconsommations de sucres concernent 20% des adultes et 30% des enfants, populations cibles à privilégier pour la prévention et les conseils alimentaires.

Issu de la nature, le sucre est produit en France par une filière agricole et industrielle qui est animée par des professionnels responsables et respectables.

Nous sommes conscients des enjeux de santé publique liés à l’alimentation et soutiendrons les mesures allant dans le sens de l’optimisation des teneurs en sucres, lorsqu’elle apporte un bénéfice nutritionnel.

Enfin, nous souscrivons à des actions visant à privilégier la prévention de l’obésité et du diabète par des démarches d’éducation, éducation à l’alimentation pour les jeunes générations tout autant qu’éducation à la parentalité.

 

Contact presse : Charlotte Rabilloud – tel. 01 53 53 36 86