Différentes publications ont récemment évoqué une stabilisation des courbes de tendance du surpoids et de l’obésité chez l’enfant dans un certain nombre de pays. Bien que l’indice de masse corporelle (IMC) soit un paramètre largement utilisé pour évaluer l’obésité de l’enfant, l’adiposité abdominale tend à être considérée comme un critère d’une plus grande pertinence que les autres formes d’adiposité mesurées par l’IMC. Ainsi, le tour de taille et le ratio tour de taille/hauteur ont été proposés comme paramètres de l’obésité abdominale.

Cette étude transversale a rassemblé les données d’IMC, de tour de taille et de tour de taille/hauteur au sein de 3 cohortes d’enfants de 11-12 ans, collectées sur 3 années consécutives (2005 à 2007 ; n = 14 697). L’objectif visé était de comparer les tendances suivies, sur la période, par la prévalence de l’obésité lorsqu’elles étaient mesurées selon les 3 paramètres. En pratique, les enfants étaient définis comme en surpoids ou obèses s’ils franchissaient, par leur IMC ou le tour de taille, le 85e (1,04 d.s.) et le 95e (1,64 d.s.) percentile, respectivement. Un ratio tour de taille/taille supérieur à 0,5, traduisant un excès de graisse sur la partie haute du corps, était utilisé pour définir un groupe qualifié de « à risque pour la santé ».

Les résultats obtenus ont confirmé les publications actuelles avec une tendance relativement stable pour le surpoids et l’obésité mesurés via l’IMC. Par ailleurs, la prévalence estimée par le tour de taille a rapporté des données plus élevées, notamment chez les filles (garçons : 26,3% [2005] ; 20,3% [2006] ; 22,1% [2007] / filles : 35,6% [2005] ; 28,2% [2006] ; 30,1% [2007]). La prévalence des enfants « à risque » (tour de taille/taille > 0,5) est apparue d’un niveau intermédiaire entre celle évaluée par l’IMC et celle par le tour de taille (garçons : 23,3% [2005] ; 16,7% [2006] ; 17,6% [2007] / filles : 21,1% [2005] ; 15,6% [2006] ; 17,2% [2007]).

Dans leur discussion, les auteurs pointent les discordances entre les messages de santé publique en matière d’obésité, basés sur l’IMC et indiquant une inflexion actuelle des tendances, avec leurs propres données, mettant en évidence des prévalences plus élevées via le tour de taille. Ce paramètre étant corrélé à l’adiposité abdominale, il correspond donc à un risque important pour la santé chez l’enfant. D’autre part, ils évoquent le risque de qualification erronée du type de corpulence selon l’emploi de l’IMC ou du tour de taille. Ils concluent sur la nécessité de larges études longitudinales comparant les différents types de mesure de la corpulence.

Cross-sectional comparisons of BMI and waist circumference in British children: mixed public health messages.

Griffiths C., Gately P., Marchant P.R., Cooke C.B. Obesity, 2012, vol. 20, No. 6, pp. 1258-1260.



Auteur : GRIFFITHS C

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 49 - Septembre 2012 - N49013 (Réf. 4743)