Le « licensing effect » correspond à la tendance qu’ont les individus à s’autoriser, après avoir adopté un bon comportement ou fait une bonne action, à compenser par un comportement contraire. De précédentes études concernant spécifiquement l’activité physique suggèrent ainsi que les individus ont tendance à s’autoriser après un exercice physique un apport alimentaire plus important, orienté en particulier vers la consommation d’aliments « plaisir ». Les trois études mentionnées dans cet article avaient pour objectif de vérifier l’hypothèse selon laquelle considérer un exercice physique comme une distraction, permettrait de diminuer cette compensation alimentaire. Dans les deux premières études, deux groupes de participantes âgées en moyenne de 44 ans ont effectué une marche de trente minutes suivie d’une mesure de leur consommation alimentaire. Cette marche a été décrite soit comme une distraction, soit comme un exercice physique. Dans la première étude, les participantes du groupe «distraction» devaient écouter de la musique durant l’exercice. Les 2 groupes pouvaient ensuite se servir librement dans un buffet de plats avec un choix à faire entre une boisson et un dessert «sain» ou «plaisir». Avant le buffet, leur perception de l’activité a été déterminée : évaluation de la distance parcourue et du nombre de calories brûlées, et une note d’appréciation sur une échelle de Likert a été attribuée. Pour la seconde étude, la marche était effectuée cette fois sans musique dans le groupe «distraction». Un snack «plaisir» était distribué aux participantes qui devaient se servir la quantité désirée. Dans la première étude, les résultats ont montré que le nombre de calories apportées par le plat principal ne différaient pas entre les 2 groupes, et la proportion de choix entre le dessert « plaisir » et « sain » était comparable. En revanche, dans les deux études, les quantités de dessert et de boisson « plaisir » ainsi que de snack consommés par les participantes étaient significativement inférieures lorsque l’exercice était perçu comme amusant. La troisième étude a été une étude observationnelle menée durant une course. Les participants (231 hommes âgés de 16 à 67 ans) qui ont indiqué s’être le plus amusés, ont plutôt choisi le snack « sain » vs « plaisir » à l’issue de la course. Les auteurs de cette étude concluent ainsi que les personnes qui pratiquent une activité physique régulière afin de perdre du poids devraient être mises en garde quant à cet effet de compensation afin de ne pas se décourager et que ceux qui souhaitent se lancer devraient considérer le caractère distrayant de l’activité choisie.

Is it fun or exercise? The framing of physical activity biases subsequent snacking

Werle C., Wansink B., Payne C, 2014 Marketing Letters, 2: 1-12. 



Auteur : WANSINK B.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 58 - Décembre 2014 - N58004 (Réf 4567)