Plusieurs études montrent que l’être humain est capable de détecter très rapidement des aliments dans son environnement. Le contenu en graisses des aliments modulerait cette capacité visuelle. En revanche, on ne sait pas si l’état de faim accélère la vitesse de détection. Une étude japonaise vient de répondre à la question dans la revue Appetite.

 

Tester le temps de réaction aux aliments selon l’état de faim

Pour cela, les chercheurs ont réparti 80 participants de poids normal (40 hommes, 40 femmes), en deux groupes : un groupe de 40 participants ayant jeûné plus de 3 heures avant l’expérience et un groupe de 40 participants ayant mangé suffisamment pour être rassasié. Leur état de faim était mesuré sur une échelle de 1 à 5 (1 = « très faim », 5 = « pas faim du tout ») avant de débuter l’expérience. Celle-ci consistait en la visualisation de photographies d’aliments gras (5 aliments de type fast-food), d’aliments pauvres en graisses (5 aliments traditionnels japonais) ou d’ustensiles de cuisine (5 différents), placées au milieu de photographies de voitures (5 différentes). Les photographies étaient montrées par groupe de 4 objets (dont 3 voitures) et défilaient (voir figure 1). Le participant devait indiquer le plus vite possible si le groupe des 4 objets contenait ou non un aliment. Le temps de réaction était ainsi mesuré et comparé selon que les photos contenaient ou non un aliment, et un aliment gras ou peu gras. Des questionnaires permettaient par ailleurs de limiter les risques de biais possibles (allergie, dégoût, préférence…).

détection des aliments

Figure 1 : Illustration d’une séquence d’images présentées aux sujets pour mesurer le temps mis pour détecter ou non la présence d’un aliment, en fonction du type d’aliment (gras ou peu gras).

 

Que l’on ait faim ou non, les aliments captent notre attention visuelle

Les sujets, rassasiés ou non, détectaient tous plus rapidement les photos contenant un aliment que celles contenant des ustensiles de cuisine.

Mais chez les sujets qui avaient faim, les photos présentant des aliments de type fast food étaient détectées plus rapidement que les photos comportant un plat traditionnel japonais. Tandis que chez les sujets rassasiés, on n’observait pas de différence de vitesse de détection entre les fast foods et les plats traditionnels japonais.

D’après les contrôles réalisés par les chercheurs (par analyses de covariance), la plus grande attention visuelle aux fast foods en état de faim n’était pas liée aux préférences alimentaires des participants ni au prix estimé plus faible de ces aliments.

 

La faim rend plus efficace dans la détection des aliments gras

Les chercheurs concluent que les aliments captent davantage l’attention que les objets non alimentaires, même lorsque l’individu est rassasié. De plus, lorsque les sujets ont faim, ils détectent avec plus d’efficacité les aliments riches en graisses. Il pourrait d’agir d’un mécanisme de survie permettant un apport plus efficace en énergie en raison de la plus forte densité énergétique des aliments gras.

 

À retenir :

  • L’être humain possède un système visuel efficace pour détecter les aliments dans son environnement ;
  • La vitesse de détection des aliments est plus rapide que celle des objets non alimentaires ;
  • Lorsque les sujets ont faim, les aliments riches en graisses sont plus rapidement détectés que ceux pauvres en graisses.

 

Source : Hunger promotes the detection of high-fat food. Sawada R, Sato W, Minemoto K, Fushiki T. Appetite. 2019;142:104377.

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Auteur : Sawada R

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Brèves Nutrition n°78