Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont une épidémie globale qui touche en particulier les pays à faible ou moyen revenus. Les recommandations nutritionnelles actuelles sont de limiter à 30 % de l’énergie les apports en lipides et à 10 % les apports en acides gras insaturés. Cependant elles sont basées sur des études Européennes et Nord-Américaines dont les régimes sont très différents de ceux des pays à faible revenus. L’étude PURE (Prospective Urban Rural Epidemiology) est une étude épidémiologique de cohorte menée de 2003 à 2013 incluant 135 335 sujets entre 35 et 70 ans de 18 pays de revenus faible (Bangladesh, Inde, Pakistan, Zimbabwe), moyen (Argentine, Brésil, Chili, Chine, Colombie, Iran, Malaisie, Palestine, Pologne, Afrique du Sud, Turquie) et haut (Canada, Suède et Emirats arabes unis).

Pendant un suivi médian de 7,4 ans, 4784 événements cardiovasculaires majeurs et 5796 décès (dont 1649 dus à une MCV) ont été recensés. Les participants ont été classés en quintiles en fonction de la part des macronutriments dans l’apport énergétique total (AET). Dans cette étude, les plus gros consommateurs de glucides (apport médian de 77 % de l’AET) ont un risque accru de mortalité totale en comparaison aux plus faibles consommateurs (46 % de l’AET). Cependant, aucune association n’a été montrée entre consommation de glucides et le risque de MCV ou la mortalité liée aux MCV.

Les consommations les plus élevées de lipides totaux (35 % de l’AET), de chaque type de lipides et de protéines (20 %) ont été inversement associées à la mortalité par rapport aux plus petits consommateurs (10 % de l’AET provenant des lipides totaux, et 11 % des protéines). La plus grande consommation d’acides gras saturés (13 % de l’AET) était associée aux accidents vasculaires cérébraux par rapport au 1er quintile (3 % de l’AET).

Par ailleurs, la substitution isocalorique (à 5 % de l’AET) de glucides par des acides gras poly-insaturés, uniquement, a été associée à une diminution du risque de mortalité et de mortalité non liée aux MCV. La substitution par des acides gras saturés a diminué le risque d’AVC.

Dans cette étude, les participants ont une alimentation particulièrement riche en glucides due à une forte consommation de riz et pain blanc (plus de la moitié des participants ont des apports en glucides représentant plus de 60 % de l’AET, et plus de 70 % pour un quart). Les auteurs concluent qu’un apport glucidique très élevé est associé à un risque accru de mortalité. Ils recommandent donc que, pour cette population forte consommatrice, les apports en glucides soient abaissés à 50 / 55 % de l’AET* et que la limite d’apports en lipides et acides gras saturés ne s’applique pas aux pays à faibles ou moyens revenus dont la consommation est actuellement très faible.

*Pour comparaison : en France la consommation moyenne de glucides est de 47 % pour les adultes et 50 % pour les enfants (INCA 3), et l’ANSES recommande d’avoir des apports entre 40 et 55 % de l’AET.

Associations of fats and carbohydrate intake with cardiovascular disease and mortality in 18 countries from five continents (PURE): a prospective cohort study

Dehghan M, Mente A, Zhang X, et al. The Lancet. 2017 Nov 4;390(10107):2050-2062.

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Auteur : Dehghan M

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Brèves n°70 - Décembre 2017 - N70001