Selon l’étude de Kallio et al.1 dont l’intérêt a été salué par Salsberg et Ludwig dans un éditorial de l’American Journal of Clinical Nutrition, la composition de notre alimentation pourrait bien avoir un effet sur la régulation des gènes, indépendant des apports énergétiques et du poids corporel. Les auteurs ont soumis des adultes présentant des symptômes de syndrome métabolique à un régime à réponse insulinémique faible (IF) ou élevée (IH) pendant 12 semaines. L’expression des gènes du tissu adipeux sous-cutané a été évaluée par PCR quantitative et puces d’ADN à l’inclusion et 12 semaines. Dans le groupe IF, 71 gènes étaient régulés négativement et aucun positivement alors que dans le groupe IH, 62 gènes étaient régulés positivement et aucun négativement. Cette étude a des implications majeures sur la compréhension de l’index glycémique (IG) sur lequel Ludwig a axé ses recherches. En effet, il a montré que des repas à IG élevé (IGH) induisent une sécrétion post-prandiale d’insuline et de peptide-C supérieure au repas à IG faible (IGF). Ainsi, si le taux d’insulinémie régule l’expression des gènes, il doit en être de même des régimes à IGH ou IGF. Cette hypothèse est confortée par certaines études qui ont montré un effet bénéfique des régimes IGF sur l’expression du gène de la lipase hormono-sensible notamment. Bien que les résultats de Kallio nécessitent d’être confirmés, ils ouvrent la voie aux recherches concernant l’utilisation de ce type de régime dans le traitement de l’obésité, le diabète de type 2 ou les maladies du cœur.

1. Kallio et al. Dietary carbohydrate modification induces alterations in gene expression in abdominal subcutaneous adipose tissue in persons with the metabolic syndrome: the FUNGENUT study. Am J Clin Nutr 2007


Putting your genes on a diet : the molecular effects of carbohydrate. Salsberg SL; Ludwig DS. Am J Clin Nutr, 2007, 85, 1169-70

Auteur : Salsberg SL; Ludwig DS

Documents supports :
Brève Nutrition N° 31 - Octobre 2007 - N 31012