Les signaux gustatifs et post-ingestifs déclenchés par le sucre sont tous deux impliqués dans l’envie de consommer des aliments à saveur sucrée. Les mécanismes menant à ce comportement ne sont pas connus. Le striatum du cerveau des vertébrés est crucial pour sélectionner les actions basées sur le souvenir. Le but de cette étude a été de déterminer si les souvenirs gustatif et post-ingestif empruntent ou non les mêmes circuits neuronaux du striatum pour promouvoir la consommation d’aliments sucrés. Différentes expériences ont été menées chez la souris avec des solutions à saveur sucrée métabolisable (D-glucose), non métabolisable (L-glucose) ou non calorique (sucralose). Elles ont impliqué un système d’appareillages permettant la séparation des signaux hédoniques (biberon contenant une des deux solutions à saveur sucrée) aux signaux nutritifs (infusion intra-gastrique d’une des deux solutions à saveur sucrée, déclenché par le coup de langue sur le biberon). Pour certaines expériences, une électrostimulation de neurones spécifiques dans le striatum ou au contraire leur ablation, ou l’addition d’un composé amer dans le biberon ont permis de moduler la valeur hédonique de la solution à saveur sucrée. La libération de dopamine a été suivie dans les régions ventrale et dorsale du striatum. Toutes les expériences menées montrent que la saveur gustative sucrée régule la libération de dopamine dans le striatum ventral (qui est supprimée par l’ajout du composé amer), tandis que l’augmentation de libération de dopamine dans le striatum dorsal est strictement sous contrôle métabolique.

 

Cette étude a montré que les contrôles positifs hédoniques et métaboliques sur la consommation de sucre impliquent des circuits neuronaux séparés. Elle suggère aussi que la région dorsale du striatum est activée seulement lorsque la solution à saveur sucrée est énergétique. L’activation de cette région semble suffisante pour outrepasser les signaux inhibiteurs générés par la voie ventrale durant l’ingestion de substances repoussantes (à saveur amère). Un tel circuit dans le striatum permettrait à l’organisme de prioriser la quête d’énergie par rapport à la qualité sensorielle.

 

Separate circuitries encode the hedonic and nutritional values of sugar.

Tellez LA, Han W, Zhang X, Ferreira TL, Perez IO, Shammah-Lagnado SJ, van den Pol AN, de Araujo IE.

Nat Neurosci. 2016 Mar;19(3):465-70.

Auteur : TELLEZ LA.

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Brèves Nutrition n°64 - Juin 2016 - N64005