Cette première étude chez l’homme a comparé les effets sur le métabolisme des lipides et  des glucides de la consommation pendant 10 semaines de boissons sucrées avec du fructose (n = 17) ou du glucose (n = 15) chez des quinquagénaires en surpoids/obèses. Ces boissons apportaient 25 % de la ration calorique quotidienne dans un régime ad libitum. La prise de poids a été la même pour les deux groupes (glucose : 3,2 kg et fructose : 2,8 kg) mais le volume du tissu adipeux viscéral n’a augmenté significativement que dans le groupe fructose. A jeun, les triglycérides ont augmenté d´environ 10 % dans le groupe glucose uniquement, tandis que les concentrations postprandiales pendant 24 heures étaient augmentées spécifiquement dans le groupe fructose. La consommation de fructose a provoqué une augmentation de la lipogénèse de novo et des perturbations du métabolisme lipidique, avec augmentation significative des marqueurs suivants : apoB, LDL, LDL petites et denses, LDL oxydées à jeun et cholestérol. Comparativement au glucose, le fructose diminuait la tolérance au glucose et la sensibilité à l´insuline, avec un effet plus net chez les hommes. Le fructose et le glucose ont donc des effets différents sur la distribution régionale du tissu adipeux, le métabolisme lipidique et la glycémie, les effets du fructose paraissant associés à une augmentation du risque cardiovasculaire. La dose quotidienne de fructose déclenchant ces effets reste à déterminer dans des populations différentes et à comparer vs saccharose et sirop de glucose enrichi en fructose. Néanmoins, une telle consommation de fructose ne semble pas recommandée.


Consuming fructose-sweetened, not glucose-sweetened, beverages increase visceral adiposity and lipids and decreases insulin sensitivity in overweight/obese humans. Stanhope KL et al. J Clin Invest, 2009, 119, 1322-34

 


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Brèves Nutrition N° 36 - Juillet 2009 - N36006