pomme ou gâteauAvoir une envie de sucré n’est pas un vrai problème en soi. Idéalement, il faut savoir si cette envie de sucré correspond à une véritable faim ou si cette envie de manger est générée par des émotions. Dans le premier cas, cette envie de sucré correspond à un besoin corporel, alors il faut en tenir compte et ne pas se priver. Dans le deuxième cas, l’envie de manger sucré est un moyen de se réconforter et peut-être liée à des émotions : la colère, la tristesse, le stress, le sentiment de solitude ou même parfois juste l’ennui. Elles seront qualifiées d’émotionnelles (qui peuvent être salées chez d’autres personnes) et ne peuvent pas être considérées comme « anormales ». En revanche, c’est la culpabilité de consommer un aliment sucré qui peut devenir un problème du fait de l’angoisse que cela entraine, soit à l’idée de grossir, soit de manger un aliment considéré comme « mauvais pour la santé ». Cette culpabilité peut venir gâcher le réconfort attendu. Ce dernier n’étant pas au rendez-vous, il se peut que la personne continue à en consommer de plus en plus, voire plus qu’elle n’en aurait consommé en temps normal.


C’est pour cela que les nutritionnistes proposent que, devant une envie de sucré sans faim réelle, pour ne pas en abuser, il est plus judicieux de se concentrer sur le réconfort apporté par le produit sucré lorsqu’on le déguste, que de se l’interdire. En faisant participer ses cinq sens lors de la dégustation, on peut profiter pleinement du plaisir que les aliments sucrés peuvent apporter sans pour autant culpabiliser. La perception des aliments est définie par : l’arôme et le goût, la texture, la température, l’aspect visuel, mais aussi par la stimulation auditive (le croquant ou croustillant). C’est ce qu’on appelle les qualités organoleptiques des aliments. Des mécanismes complexes de conditionnement et d’apprentissage établissent des liens entre, d’une part, l’image sensorielle et psycho-affective dans le cerveau de chaque aliment et, d’autre part, les effets métaboliques que ceux-ci ont induits lors d’une précédente consommation. Manger en dégustant, en prenant son temps, en mastiquant, permet de libérer les saveurs, qui agissent elles-mêmes sur le rassasiement. Les aliments qui seraient « bons à manger » et « mauvais à penser » (comme les aliments gras et sucrés) pourraient engendrer des émotions négatives, perturbant ces signaux internes. Si ces situations sont répétées et entraînent des relations conflictuelles avec la nourriture il est préférable de consulter un spécialiste, qui vous aidera à mieux identifier les problèmes, les pensées, les émotions liées à ces envies, afin de chercher des solutions alternatives à la prise compulsive d’aliments sucrés.


Source : Département scientifique du CEDUS