Le transporteur de glucose GLUT2. Localisation intestinale et métabolisme du glucose.

Comme le détaille cette revue, l’absorption des sucres au niveau de l’intestin n’est pas passive, mais soumise à une régulation nutritionnelle et endocrine, contribuant ainsi à réguler la glycémie. Les sucres ingérés sont généralement tous absorbés dans l’intestin grêle par les entérocytes du jéjunum (en concentrations élevées dans le côlon, ils déclencheraient crampes et diarrhées), mais cette absorption peut être ralentie ou accélérée. À la surface des entérocytes, deux transporteurs-détecteurs membranaires de sucres (SGLT1 et GLUT2), en réponse à 10 mM et 100 mM de sucres, respectivement, déclenchent la sécrétion d’entéro-hormones régulatrices de l’homéostasie glucidique comme GLP-1 (glucagon-like peptide-1), les récepteurs intestinaux du goût sucré détectant des concentrations de 300 mM. De plus, lors d’un repas, le transporteur de glucose GLUT2 est transloqué à la membrane apicale des cellules, ce qui permet de tripler en quelques minutes la capacité des entérocytes à absorber les sucres. À noter, certains édulcorants et l’entéro-hormone GLP-2 déclenchent également la translocation apicale de GLUT2. Consommés avec des sucres naturels, les édulcorants potentialisent donc l’absorption intestinale de ces derniers. La translocation de GLUT2 est transitoire et GLUT2 est internalisé lorsque les concentrations luminales de glucose diminuent, en réponse à l’insuline. De fait, chez les sujets résistant à l’insuline, GLUT2 demeure à l’apex cellulaire, et le nombre de transporteurs est accru, favorisant une absorption maximale des sucres. L’intestin, via GLUT2, permet donc à l’insuline d’exercer une autre action hypoglycémiante, se traduisant, chez les sujets résistants à l’insuline, par une hyperglycémie postprandiale majorée.


 

Le transporteur de glucose GLUT2. Localisation intestinale et métabolisme du glucose. LETURQUE A., BROT-LAROCHE E. Diabète & Obésité, 2010, 5, 37 : 78-82



Tags:

Auteur : Leturque A., Brot-Laroche E.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 40 - Juin 2010 - N40005