Parmi les facteurs individuels susceptibles de lutter contre l’obésité, une piste récente concerne le moment de la prise alimentaire. En effet, outre la découverte d’une horloge circadienne active dans le tissu adipeux, des études ont lié la régulation énergétique avec l’horloge biologique interne à l’échelon comportemental, biologique et même moléculaire. De même, un certain nombre de gènes s’expriment dans le tissu adipeux selon un rythme circadien. L’objectif de cette étude était d’évaluer le lien entre l’horaire de la prise alimentaire du déjeuner et l’influence sur la perte de poids.

Cette étude observationnelle a été réalisée sur 420 sujets obèses ou en surpoids, qui ont participé à un programme de prise en charge diététique et comportementale dans 5 cliniques espagnoles. L’échantillon a été sérié selon l’horaire de prise du repas de midi, « mange-tôt » ou « mange-tard » (déjeuner pris avant ou après 15 heures) puis étudié sur le plan de l’équilibre énergétique, des hormones de la satiété, du génotype CLOCK et de la durée du sommeil.

Après 20 semaines de suivi, il a été observé que les « mange-tard » perdaient significativement moins de poids, et moins vite, que les « mange-tôt » (p=0,002). Pourtant, les apports caloriques, la composition de l’alimentation, la dépense énergétique estimée, les hormones de la satiété et la durée du sommeil ne sont pas apparus différents entre les deux groupes. Les différences constatées ont porté sur les « mange-tard » qui se montraient plutôt de type chronotype vespéral (sujets du soir), prenaient des petits déjeuners moins énergétiques et sautaient plus de repas que les « mange-tôt » (toutes propositions, p0,05).

Au total, cette étude démontre l’influence négative potentielle de la prise tardive du repas principal sur la perte de poids et le rôle possible de modifications du chronotype, du contexte génétique et du fonctionnement du système circadien.

Timing of food intake predicts weight loss effectiveness.

Garaulet M, Gómez-Abellán P, Alburquerque-Béjar JJ, Lee YC, Ordovás JM, Scheer FA.

Int J Obes 2013 Apr; 37(4): 604-611.


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Auteur : GARAULET M

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Brèves Nutrition N° 53 - Septembre 2013 - N53004 (Réf. 4494)