Bien que certaines études aient observé une association entre consommation de boissons sucrées et prise de poids, elles ne permettent pas d’affirmer si les boissons constituent le facteur causal, par les calories sucrées qu’elles apportent, ou bien un simple marqueur indirect d’un style de vie ou d’autres facteurs favorisant la prise de poids, ni de savoir si les sujets en surpoids ou obèses « répondent » (ou compensent) différemment des sujets de poids normal.

L’équipe écossaise de Marie Reid, professeur de psychologie à l’université Queen Margaret à Edinbourg, a réalisé une étude d’intervention pour mesurer les effets à long terme d’une consommation de boissons sucrées sur les apports énergétiques, l’IMC et l’humeur chez des femmes en surpoids (IMC entre 25 et 30). Dans l’étude, publiée en 2010 dans Appetite

Le second groupe a reçu des bouteilles contenant une boisson sans sucres, édulcorée à l’aspartame, à consommer dans les mêmes conditions. Les aliments ingérés, l’activité physique, les effets sur la satiété et l’humeur ont été consignés dans un carnet par les volontaires. Le travail de Reid et coll. montre qu’après 4 semaines, les apports énergétiques des femmes ayant consommé la boisson sucrée sont similaires à ceux du groupe « boisson édulcorée » sans enregistrer de prise de poids significative. Une légère augmentation des apports énergétiques est constatée en début d’étude dans le groupe 1, compensée par la suite par une réduction d’apports.

A noter que cette étude reproduit les mêmes résultats sur des femmes en surpoids que la précédente étude de Reid et coll menée sur des femmes de poids normal, publiée en 2007

1

Reid M, Hammersley R, Duffy M. Effects of sucrose drinks on macronutrient intake, body weight, and mood state in overweight women over 4 weeks. Appetite. 2010 Aug;55(1):130-6. Epub 2010 May 12.

2

Reid M, Hammersley R, Hill AJ, Skidmore P. Long-term dietary compensation for added sugar: Effects of supplementary sucrose drinks over a four-week period. Br J Nutr. 2007 Jan; 97(1): 193-203.1, 53 femmes volontaires âgées entre 20 et 55 ans, ont été divisées en 2 groupes. Le premier groupe a bu chaque jour 4 bouteilles de 250 ml de boisson gazeuse sucrée (saccharose) sur une période de 4 semaines à intervalles déterminés, soit un apport de 100 g/jour de sucre environ.2. Selon l’auteur, les femmes du groupe « boissons sucrées » ont compensé l’apport énergétique supplémentaire fourni par le sucre en réduisant volontairement leurs apports alimentaires, ce qui est sans effet sur le poids à l’issue des 4 semaines d’étude. Cette compensation n’a pas affecté significativement l’un ou l’autre des macronutriments en particulier. En parallèle, les effets sur la faim ou l’humeur ne sont pas significativement modifiés dans les deux groupes. Les auteurs souhaiteraient confirmer ces résultats notamment chez des sujets obèses et aussi par des études plus longues, pour juger du maintien ou non de la compensation calorique.