Lors d’un repas, les facteurs sociaux, tel que le nombre de convives, ou la quantité que chacun consomme pour donner « une bonne impression », semblent capables de moduler le comportement alimentaire humain. Cette expérimentation psychocomportementale anglaise, menée sur un échantillon de 64 jeunes étudiantes normopondérées (BMI de 23.3 [3.8], randomisée en 3 groupes. Le but était d’étudier l’impact d’informations fictives, relatives à la quantité de cookies mangée par des groupes censés avoir préalablement participé à la même étude. Ces informations, conceptualisant des normes alimentaires rapportaient soit une quantité consommée plus élevée, soit une quantité moindre. L’un des 3 groupes, servant de contrôle, n’ayant pas reçu d’information a consommé 4 cookies ; en se basant sur cette consommation les auteurs ont choisi de donner comme information aux 2 autre groupes une norme élevée de 8-10 cookies et une norme basse de 1-2 cookies consommés. L’éventuel impact de l’empathie entre les participantes était évalué par un questionnaire spécifique.

Les résultats ont mis en évidence, par comparaison à l’absence de norme (groupe contrôle), une augmentation et une baisse de la quantité de cookies consommés selon la référence donnée, haute ou basse respectivement. L’amplitude de ces variations était de 40 % environ. L’empathie entre les participantes n’a pas affecté les résultats, ce qui contredit des études antérieures. En effet, par empathie les individus ont tendance à se préoccuper de l’image qu’ils renvoient vis-à-vis des autres convives et mangent donc en fonction de cette image. Cette discordance témoigne peut-être du fait que les conditions de l’expérimentation sont sensiblement différentes de la vie réelle, ce fait pouvant constituer une faiblesse méthodologique.

Cette étude confirme donc l’hypothèse selon laquelle ce que l’on imagine avoir été mangé par d’autres peut influencer la quantité que l’on consomme soi-même, indépendamment des autres convives présents lors du repas. Ces résultats renvoient à l’idée que les messages diffusés les réseaux sociaux sur les modalités du comportement alimentaire peuvent influencer les individus qu’ils mangent seuls ou en groupe.

Food intake norms increase and decrease snack food intake in a remote confederate study.

Appetite. 2013 Jun; 65: 20-24.

Robinson E, Benwell H, Higgs S.



Auteur : Robinson E

Documents supports :
Brève Nutrition N° 53 - Septembre 2013 - N53003 (Réf. 4492)