Sweet preferences and sugar consumption of 4- and 5-year old children : role of parents

De nombreux parents essaient de limiter la consommation de sucres simples de leurs enfants en appliquant des règles restrictives. Ces règles diminuent-elles réellement la consommation de sucres simples chez les enfants et leur préférence pour le sucré ? Afin d’éclaircir ces points, une étude comportant un questionnaire destiné aux parents et des tests sensoriels pour tester les préférences des enfants pour le sucré, a été réalisée auprès de 43 enfants âgés d’environ 5 ans. Le questionnaire rempli par les parents concernait 3 thèmes : la consommation par leurs enfants d’aliments sucrés, les règles restrictives qu’ils leurs imposaient concernant ces aliments et les raisons qui ont motivé ces règles. Les enfants ont eu à réaliser des comparaisons appariées et à classer par ordre de préférence des orangeades contenant différentes concentrations de sucre : 0,14 ; 0,20 ; 0,29 ; 0,42 ; 0,61 M.

Que les parents soient très restrictifs en termes de liberté de choix ou non, l’indice de masse corporelle (IMC) de leurs enfants respectifs n’était pas significativement différent (15,2±2,0 vs 15,8±1,0 kg/m2). En revanche l’IMC des mères restrictives était significativement plus bas que celui des mères non restrictives (21,5±2,0 vs 23,8±2,8 kg/m2, p<0,01), la même tendance étant observée pour les pères. Par rapport aux autres, les enfants de parents restrictifs étaient les plus restreints pendant le petit-déjeuner (p<0,001) et les déjeuners (p<0,01) mais pas au goûter (p=0,16). Fait surprenant, la restriction ne joue pas sur la quantité de sucres simples consommés par jour, les deux groupes restrictifs ou non, en consommant respectivement 110±54 et 122±54 g/j (p=0,41) mais elle joue uniquement sur la quantité d’aliments sucrés consommés. Les enfants les moins restreints consomment plus de boissons sucrées que les enfants du groupe restrictif. Il n’y a pas de différence pour les bonbons entre les 2 groupes.

Concernant les raisons invoquées pour l’établissement de règles restrictives, les parents sont en général d’accord pour dire que manger trop de sucre, est mauvais pour la santé et qu’ils soient restrictifs ou non, ils ont les mêmes arrière-pensées concernant le sucre.

Enfin, les enfants de parents restrictifs préfèrent le jus d’orange plus sucré que les enfants non restreints, qui ne différencient pas de façon significative les concentrations et ont des préférences partagées pour les concentrations les plus faibles (19%), intermédiaires (19%) et les plus élevées (33%). Au contraire, 55% des enfants restreints préfèrent l’orangeade la plus sucrée et aucun n’aime la moins sucrée.

Les parents peuvent donc diminuer la consommation de produits sucrés de leurs enfants en leur imposant des règles restrictives précises, mais celles-ci ont en fin de compte peu d’effet sur la consommation de sucres simples en eux-mêmes. De plus, des règles strictes conduisent souvent à une préférence accrue des enfants pour des produits très sucrés dont ils sont privés.

Finalement, hors du contrôle parental, l’objectif de modération n’est pas atteint.

Dr François ELKIK


Sweet preferences and sugar consumption of 4- and 5- year old children: role of parents. LIERN D.G.,  MARS M.,  DE GRAFF C. Appetite, 2004, 235-245


Documents supports :
Brèves Nutrition N° 26 - Mai 2005 / N26001