L’obésité est en constante progression. Aux Etats-Unis, 33 % des adultes sont obèses. Différentes théories sur la façon de perdre du poids ont été proposées. La plus ancienne est celle du calcul des calories appelée « calories in, calories out » selon laquelle un excès de calories consommées par rapport aux besoins énergétiques (métabolisme basal, activité physique et thermogénèse induite par les aliments consommés) conduirait à un gain de poids, quels que soient le type ou la qualité des macronutriments absorbés. Mais des adaptations métaboliques ou une thermogénèse régulée se mettent en place lors d’une consommation réduite de calories et permettent une diminution de la dépense énergétique. Ces phénomènes pourraient expliquer la difficulté à perdre du poids lors de régimes hypocaloriques.

D’autres théories sont basées sur la variation de la quantité de certains macronutriments des régimes. Il a été reconnu qu’une consommation plus élevée de protéines pouvait être particulièrement intéressante dans la perte de poids du fait de son effet satiétogène et d’une oxydation plus importante qui consomme de l’énergie. Cependant, la consommation élevée de protéines présente un certain risque pour les reins et les os. L’hypothèse « glucides-insuline » selon laquelle la diminution de la consommation de glucides, en réduisant le taux d’insuline sécrétée, restaure la lipolyse et permet de perdre du poids a été très controversée : des résultats opposés ont été obtenus dans les études, ce qui peut s’expliquer par différentes méthodologies utilisées. D’autres expériences sur les macronutriments ont montré que la balance énergétique était corrélée à celle des lipides plutôt qu’à celles des glucides ou des protéines, suggérant que le stockage des graisses sert de système tampon dans la balance apports/dépenses d’énergie. Enfin, deux méta-analyses1,2 dont une récente1 ont montré des résultats en désaccord avec l’hypothèse « glucides-insuline » puisque c’est le régime pauvre en lipides qui induit une perte de poids et de masse grasse.

Les auteurs concluent que le gain ou la perte de poids n’est pas déterminé par le changement de proportions de glucides et de lipides de l’alimentation, mais que le plus important est le nombre de calories ingérées.

1 Hall KD, Guo J. Obesity energetics: Bodyweight regulation and the effects of diet composition. Gastroenterology 152: 1718–1727, 2017.

2 Hooper L, Abdelhamid A, Moore HJ, Douthwaite W, Skeaff CM, Summerball CD. Effect of reducing total fat intake in body weight: Systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials and cohort studies. BMJ 345: e7666, 2012.

« Calories in, calories out » and macronutrient intake: The Hope, Hype, and Science of Calories. Howell S, Kones R. Am J Physiol Endocrinol Metab. 2017 Nov 1

Auteur : Howell S

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Brèves n°70 - Décembre 2017 - N70015