Une cohorte de jumeaux âgés de 11 ans et leurs parents (173 familles) a été suivie entre 1999 et 2006 par le département d’épidémiologie et de santé publique de l’University College of London. Les consommations et préférences alimentaires des enfants et de leur parents ont été évaluées par questionnaire. Les pratiques alimentaires de la famille, la disponibilité des aliments au foyer, l’activité physique et le temps passé devant la télévision des enfants ont également été pris en compte.
 
Afin de pouvoir classer les réponses obtenues, les chercheurs ont réparti arbitrairement les aliments en deux catégories : les « aliments dits essentiels (AE)» (jugés importants pour une bonne santé) tels que les fruits, les légumes, la viande, le poisson, les produits  laitiers, les produits céréaliers (pain, pâtes, riz, céréales) et les « aliments dits non essentiels (ANE) » (aliments consommés plutôt pour le plaisir tels que les gâteaux, les chips, les produits gras) présentant une densité énergétique plus élevée et une densité nutritionnelle moindre.
 Résultat majeur, l’équipe du Pr Jane Wardle  confirme l’influence primordiale de la mère (et moins celle  du père ) dans la consommation alimentaire des enfants. En effet, l’étude montre que la consommation des deux catégories d’aliments par la mère  est fortement associée  à la consommation de ces  aliments par les enfants. Les parents, tout particulièrement la mère, sont et resteront le modèle alimentaire suivi par les enfants. Les auteurs avancent que l’adage « fais ce que je dis et pas ce que je fais » ne fonctionne pas quand il s’agit de faire manger « plus sainement » les enfants.
 
Il existe cependant des différences entre les deux catégories d’aliments .  Alors que la consommation des AE par les  mères influence  leur  consommation  par les  enfants , c’est la disponibilité  à la maison et le temps passé devant la TV qui vont surtout influencer la consommation des ANE par les enfants.  Cette étude  confirme (comme l’avait  déjà suggéré  des études précédentes) le rôle primordial de  l’environnement sur ces produits dits de snacking. 
 
Les préférences alimentaires  des enfants et  celles des mères influencent  la consommation des AE mais pas celle des ANE. Ce résultat étonnant est probablement secondaire à la limitation de la consommation des ANE du fait de leur réputation et de leur gout universellement apprécié.
Ces données nécessitent d’être confirmées par des études longitudinales. Bien que des biais aient été identifiés par les auteurs (portions non évaluées, biais déclaratifs, sous-estimation du temps passé devant la télé), ce travail montre la nécessité de prendre en compte à la fois l’individu et son environnement familial dans le cadre des actions de prévention et des recommandations de santé publique.
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Johnson L, van Jaarsveld CH, Wardle J. Individual and family environment correlates differ for consumption of core and non-core foods in children. Br J Nutr. 2011 Mar;105(6):950-9.