Certains sujets obèses développent une réactivité exacerbée aux caractéristiques sensorielles des aliments hédoniques au travers d’un conditionnement pavlovien. Cette étude américaine a eu pour objectif d’explorer, chez des sujets en surpoids ou minces, les différences dans l’acquisition de la réponse de déglutition à des signaux visuels associés à un milkshake chocolaté, de l’eau dénuée de goût, ou en l’absence de stimulus gustatif. Les auteurs ont montré que les sujets en surpoids par rapport aux sujets minces, ont acquis une réponse conditionnée de déglutition au chocolat par rapport à l’eau. En comparant la déglutition au chocolat à la déglutition à l’eau, les auteurs ont été capables de distinguer la déglutition différentielle pour un aliment hédonique tel que le milkshake par rapport à la déglutition due à la présence d’un aliment dans la bouche. Cette acquisition significative de conditionnement des sujets en surpoids, mais non des sujets minces, est cohérent avec la littérature antérieure qui a démontré que les sujets en surpoids ont une plus grande réactivité aux signaux des aliments hédoniques que les sujets minces. Les sujets en surpoids peuvent avoir acquis le réflexe de déglutition en réponse au chocolat plus facilement que les sujets minces en raison d’une activation accrue de leur système de récompense alimentaire ou d’un apprentissage spécifique à la récompense. Il n’a pas été possible d’évaluer l’hypothèse relative à la disparition de la réponse puisque les sujets minces n’ont pas acquis de réponse conditionnée. En évaluant la réponse conditionnée de déglutition des sujets en surpoids seuls, il a été montré qu’il n’y avait pas de baisse significative de la déglutition en réponse aux signaux appariés au milkshake chocolaté et à l’eau dénuée de goût, mais, globalement, les participants en surpoids ont dégluti davantage aux signaux associés au milkshake chocolaté qu’à l’eau.

Ce sont les premiers résultats montrant une acquisition différentielle de réponse pavlovienne conditionnée chez des sujets en surpoids par rapport à des sujets minces, ainsi qu’un conditionnement différentiel aux signaux associés aux stimuli d’aliments hédoniques par rapport aux signaux associés à des stimuli neutres. Il serait intéressant dans le futur d’étudier s’il y a des différences d’apprentissage pavlovien avant la prise de poids et si les différences d’apprentissage pourraient être utilisées pour prédire le risque de surpoids et d’obésité.

 

Pavlovian conditioning to hedonic food cues in overweight and lean individuals

Monica D. Meyer, Victoria B. Risbrough, June Liang, Kerri N. Boutelle,

Appetite, April 2015, 87:56–61

Auteur : MEYER MD

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Brèves Nutrition N° 59 - N59008 - Mars 2015 (Réf. 4585)