Are caloric beverages compensated for in the short-term by young adults ? An investigation with particular focus on gender differences

On sait que la consommation d’aliments ou de boissons riches en énergie entraîne une compensation à court terme, le sujet réduisant spontanément ses apports énergétiques lors du repas suivant. Cette compensation est-elle suffisante pour maintenir la balance énergétique après l’ingestion de boissons sucrées ? Les recherches conduites jusqu’ici dans ce domaine ne permettent pas de répondre clairement à cette question, leurs méthodologies étant très variables. Chez 23 hommes et 24 femmes âgés de 18 à 30 ans, l’effet de quantités isocaloriques (150 kcal) de jus de fruit sucré avec du saccharose, de jus d’orange et de lait demiécrémé sur la sensation de faim et le désir de manger a été mesuré lors du déjeuner pris une heure après. Une boisson fruitée non calorique, édulcorée avec un mélange aspartame acésulfame K, servait de boisson témoin. Les sujets pouvaient consommer à volonté des aliments très variés lors du déjeuner. Les résultats ont été analysés séparément chez les hommes et chez les femmes. Chez les hommes, la compensation lors du déjeuner comportant un choix d’aliments palatables a été efficace quelle que soit la boisson sucrée ingérée une heure avant. L’apport calorique total (boisson + déjeuner) est resté constant dans les 4 situations testées, ce qui signifie qu’il n’a pas été plus important avec les 3 boissons sucrées qu’avec la boisson témoin non calorique.   Les résultats ont été plus nuancés chez les femmes, qui n’ont réduit leur consommation qu’après avoir bu du lait demi-écrémé. Toujours chez les femmes, l’apport calorique total a nettement augmenté après l’ingestion du jus de fruit sucré au saccharose. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour expliquer pourquoi les mécanismes de compensation sont plus efficaces chez les hommes que chez les femmes. Il serait également intéressant de répéter ces expériences, menées ici chez l’adulte jeune de poids normal, dans d’autres populations, par exemple chez les sujets âgés et les sujets ayant un excès de poids. On sait que ces derniers ont des mécanismes de compensation calorique moins efficaces que chez les sujets minces. Enfin, l’étendue de la fenêtre temporelle pendant laquelle la prise d’un aliment très calorique déclenche un mécanisme de compensation reste à déterminer.


Are caloric beverages compensated for in the short-term by young adults? An investigation with particular focus on gender differences. RANAWANA D.V., HENRY C.J. Appetite, 2010, 55, 1 : 137-146

Auteur : Ranawana D.V., Henry C.J.

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Brèves Nutrition N° 42 - Décembre 2011 - N42006