Face aux milliers d’études disponibles dans la littérature sur les facteurs de risque de caries pendant la petite enfance (< 6 ans), des chercheurs indiens ne se sont pas découragés : ils sont parvenus à identifier les facteurs les plus à même de jouer un rôle, grâce à une revue systématique méthodiquement menée, suivie d’une méta-analyse. Sur les plus de 7 000 références initialement identifiées, ils ont retenu seulement 89 études rassemblant plus d’un million d’enfants in fine, en excluant notamment les études transversales, trop sujettes aux biais, et en conservant les études de cohorte et les études cas témoins. Sur les 89 études retenues, 23 étaient jugées de qualité élevée, 46 de qualité moyenne et 20 de qualité faible.

 

Plus de 100 facteurs de risque de caries identifiés

Pas moins de 123 facteurs ressortaient comme associés au risque de caries pendant la petite enfance dans les différentes études. Les facteurs de nature alimentaire s’avéraient les plus nombreux. La plupart d’entre eux étaient liés à la fréquence, la quantité ou le moment de consommation de sucres.  L’allaitement ou l’alimentation au biberon, en particulier la nuit, pendant des périodes prolongées (au-delà de 12 mois pour l’allaitement), ressortaient par ailleurs comme associés au risque de caries. Côté hygiène, sans surprise, le fait de se brosser les dents moins d’une fois par jour augmentait le risque de caries. Certaines études se sont également intéressées au microbiote buccal : des taux plus élevés de Streptococcus mutans dans la salive constituaient un facteur prédictif de caries ultérieures. Un émail insuffisamment développé faisait également partie des facteurs relevés par les auteurs. Enfin, parmi les facteurs socio-économiques, le sexe masculin et un bas niveau de revenus constituaient les facteurs de risques les plus fréquemment mis en évidence.

 

Émail défectueux et Streptococcus mutans : deux facteurs de risque majeurs

Dans une approche quantitative complémentaire (incluant 29 des 89 études initiales), les chercheurs ont ensuite identifié les facteurs de risques associés aux plus fortes augmentations de risque. Résultats ? Ce sont les défauts au niveau de l’émail et la présence de S. mutans dans la salive qui augmentaient le plus fortement les risques de caries (risques multipliés par 14 et 9 respectivement) dans les pays à revenu moyen supérieur. Dans les pays à haut revenu, la fréquence de consommation de produits sucrés et le manque d’hygiène dentaire constituaient aussi des facteurs de risque importants (risques multipliés par plus de 3).

 

 

À retenir :

  • Une revue de la littérature focalisée sur les études de cohorte et cas-témoins a identifié 123 facteurs de risque de caries chez les enfants de moins de 6 ans.
  • Les défauts au niveau de l’émail et la présence de mutans dans la salive, constituent les facteurs augmentant le plus fortement le risque.

Dans les pays à haut revenu, s’ajoutent à cela, la fréquence de consommation de produits sucrés et le manque d’hygiène dentaire

 

 

Source : Risk Factors for Early Childhood Caries: A Systematic Review and Meta-Analysis of Case Control and Cohort Studies. Kirthiga M, Murugan M, Saikia A, Kirubakaran R. Pediatr Dent. 2019 Mar 15;41(2):95-112.

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Auteur : Kirthiga M

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Brèves Nutrition n°77