Quand la qualité nutritionnelle se révèle être un dosage subtil. Dans ces nouvelles Brèves, vous découvrirez des résultats tant qualitatifs que quantitatifs.

L’estimation quantitative des calories absorbées par le consommateur est difficile et sujette à des biais de mieux en mieux connus. Si l’on savait déjà que les calories sont faiblement surestimées pour les petites portions et fortement sous-estimées pour les grandes, une nouvelle étude souligne l’influence de la taille du contenant indépendamment de la taille de la portion. Certains chercheurs ont également mis en lumière un phénomène appelé « effet de halo » qui consiste à étendre certaines propriétés « positives » de l’aliment à d’autres critères tels que l’apport calorique. Ainsi, le précédent numéro des Brèves précisait qu’un aliment bio ou équitable est perçu – à tort – par le consommateur comme moins calorique que l’aliment conventionnel équivalent. De même, certaines allégations telles que « à teneur réduite en sucres » sont comprises par le consommateur comme étant corrélées à une réduction équivalente de la valeur énergétique du produit, ce qui est loin d’être le cas pour tous les produits.
D’un point de vue qualitatif, certaines idées reçues semblent également devoir être reconsidérées ou nuancées. Ainsi, le grignotage hors des repas, ou « snacking », pourrait être associé à une bonne qualité nutritionnelle globale d’alimentation avec de meilleurs scores de consommation de fruits ou céréales complètes. Par ailleurs, une étude sur des jumeaux suggère que la répétition de régimes visant à perdre du poids pourrait, en elle-même, conduire à une prise de poids indépendamment des facteurs génétiques.
La balance énergétique semble donc bien complexe pour les consommateurs comme pour les experts, et c’est ce que souligne une autre étude de ce numéro. L’apport énergétique dépend de la composition en nutriments des aliments mais aussi de facteurs métaboliques individuels. La prise de poids pourrait différer selon le contenu en macronutriments de l’alimentation, même à calories constantes. Par ailleurs, la dépense énergétique au repos pourrait également être altérée par une mauvaise alimentation. Ainsi, il est difficile pour le moment d’évaluer précisément les « entrées » et les « sorties » de ces fameuses calories. Un vaste champ reste donc à explorer autour du métabolisme énergétique.

Bonne lecture
Le Département scientifique du CEDUS

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