Taxation des boissons sucrées : une mesure non justifiée sur le plan scientifique

La rentrée que ces Brèves N°45 annoncent, est le reflet de notre été : maussade. La complexité des questions alimentaires et sanitaires, malgré le nombre croissant d’études et de travaux, ne facilite pas le travail des « décideurs » qui aimeraient pouvoir changer le comportement de certains consommateurs avec des arguments clairs et didactiques.
Parmi tous les travaux analysés et résumés, deux témoignent de cette réalité paradoxale entre la science et l’action politique. La première étude analyse les mécanismes du rassasiement. Elle montre que l’intégration de toutes les données au niveau cérébral demeure complexe malgré l’apport de l’imagerie, et n’apporte pas de réponse quant à l’impact des boissons édulcorées non caloriques sur la régulation des apports énergétiques.
La seconde, une méta-analyse de 12 études de grande qualité, confirme la complexité des mécanismes de développement du surpoids et de l’obésité, et ne permet pas de conclure sur le rôle spécifique des boissons sucrées, mais elle identifie une piste de recherche.
Les récentes propositions de taxation qui associent boissons sucrées et obésité nous laissent perplexes en regard des résultats de cette méta-analyse. Une fiscalité comportementale portant sur « les boissons avec sucre ajouté » est sans doute dans l’air du temps, mais au plan scientifique on peut toutefois s’interroger sur sa réelle efficacité en termes de santé publique.

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