Cette étude épidémiologique française s’est intéressée à l’incidence du diabète de type 2, éventuellement associée à la consommation de boissons sucrées (BS) et à celle de boissons édulcorées artificiellement (BEA). Si la première corrélation a bien été documentée, la seconde apparaît nettement moins évidente, les résultats d’études n’étant pas tranchés. Reprenant les données d’une cohorte de femmes, avec un suivi prospectif sur 14 ans (Mutuelle Générale de l’Education Nationale – European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition Cohort), les auteurs ont identifié 1 369 cas incidents de diabète de type 2 au sein de l’effectif (n=66 118), sérié en quartiles de consommation de boissons. La consommation moyenne de boissons sucrées chez les consommateurs était de 328 et 568 ml / semaine, respectivement pour les BS et BEA. Par rapport aux non-consommateurs, les femmes dans les quartiles supérieurs de consommation de BS et BEA ont un risque accru de diabète de type 2 avec un risque relatif (IC à 95%) de 1,34 (1,05, 1,71) et 2,21 (1,56, 3,14) pour les femmes qui consommeraient plus de 359 ml et plus de 603 ml / semaine respectivement de BS et BEA. En revanche les jus 100% fruits ne sont pas corrélés au risque de survenue de diabète, dans l’échantillon étudié. L’analyse de sensibilité, avec l’élimination des cinq premières années de suivi, avait pour but d’exclure un effet causal inverse, reposant sur l’hypothèse que la consommation de BEA serait plus fréquente chez les diabétiques et privilégiée par rapport aux BS dans les états prédiabétiques. Elle a rapporté des résultats comparables à ceux du suivi complet rendant cette hypothèse improbable.L’étude des résultats a conduit les auteurs à envisager différents mécanismes possibles tels qu’une préférence pour la saveur sucrée et un appétit accru lors de la consommation de BEA ou encore un profil de réponse biologique post prandiale similaire à celui observé avec les BS. Ils ont également évoqué un rôle au moins partiel joué par l’IMC.

Consumption of artificially and sugar-sweetened beverages and incident type 2 diabetes in the Etude Epidemiologique auprès des femmes de la Mutuelle Générale de l’Education Nationale-European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition cohort. 

Fagherazzi G, Vilier A, Saes Sartorelli D, Lajous M, Balkau B, Clavel-Chapelon F.

Am J Clin Nutr. 2013 Mar;97(3):517-23.


Auteur : FAGHERAZZI G

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 52 - Juin 2013 - N52009 (Réf. 4483)