Afin de répondre à cette question, les études épidémiologiques et cliniques de 1995 à 2006 évaluant les effets de la consommation de sucre sur différents aspects de santé, ont été classées selon leur qualité méthodologique (essais contrôlés, puis études épidémiologiques, les autres études citées n’ayant pas d’impact sur les conclusions) puis analysées. Il en ressort une image contrastée : d’une part, une très forte consommation de sucre n’entraîne pas d’augmentation de l’indice de masse corporelle – d’après les grandes études sur l’obésité –, ni d’effets délétères sur les paramètres métaboliques (même pour un apport énergétique allant jusqu’à 43 %). Seules certaines études sur les boissons sucrées indiquaient un risque d’obésité accru, mais elles étaient méthodologiquement critiquables. D’autre part, des effets indésirables sont observés avec le cancer colorectal, bien qu’il existe des facteurs confondants (apports énergétiques et charge glycémique) et avec la santé dentaire, pour laquelle la combinaison de la fréquence/quantité de sucre, de l’exposition au fluor et de l’adhérence des aliments prédit mieux le risque de caries que la quantité de sucre seule. Concernant la qualité nutritionnelle, des apports en micronutriments adéquats sont observés pour une large palette de consommation de sucre (6 % à 20 % des apports énergétiques selon les âges). Enfin, aucune étude sérieuse sur la relation entre consommation de sucre et maladie d’Alzheimer, dépression ou déficit de l’attention n’a été répertoriée. En conclusion, ces études ne font pas ressortir une quantité limite de sucre qui garantisse une absence d’impact à la fois en termes de poids, de syndrome métabolique, de santé dentaire et de qualité nutritionnelle.


Is sugar consumption detrimental to health? A review of the evidence 1995-2006. Ruxton C.H.S., Gardner E.J., McNulty H.M. Critical Reviews in Food Science and Nutrition, 2010, 50 : 1-19


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Brèves Nutrition N° 40 - Juin 2010 - N40002