L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) vient de publier les valeurs nutritionnelles de référence (VNR) pour les apports en glucides, en fibres alimentaires, en matières grasses et en eau. L’objectif est d’apporter un éclairage scientifique aux Etats-Membres pour étayer leur politique nutritionnelle et définir des objectifs de santé publique en matière de régime alimentaire.

L’apport de référence en glucides totaux – à savoir les glucides issus d’aliments contenant de l’amidon, tels que les pommes de terre et les pâtes, et les glucides simples comme les sucres – devrait représenter entre 45 et 60 % de l’apport énergétique total, tant chez l’adulte que chez l’enfant.

Pour les sucres, l’Autorité Européenne rappelle que la consommation d’aliments contenants des sucres augmente le risque de caries, surtout quand l’hygiène et la prohylaxie bucco-dentaires sont insuffisantes. Le risque de caries n’est pas lié à la seule quantité de sucres consommés mais aussi à la fréquence de consommation, aux apports en fluor, etc… Concernant le poids, l’AESA constate que les études épidémiologiques ne montrent montrent pas d’association positive entre les apports en sucres et l’obésité, mais plutôt l’inverse. Elle indique que, pour des aliments solides, des apports élevés en sucres comparés à des apports élevés en amidon n’ont pas d’effet différent. Cependant, la question reste posée quant au lien entre les calories liquides des boissons sucrées et la prise de poids.

Globalement, les experts de l’AESA constatent que les preuves scientifiques sont insuffisantes pour pouvoir fixer une valeur limite supérieure pour les apport en sucres (pour les sucres totaux comme pour les sucres ajoutés). De même, les données disponibles ne permettent pas de proposer un apport de référence pour les sucres totaux ou ajoutés.

Le Panel d’experts de l’Autorité Européenne rappelle que les recommandations d’apports en sucres sont très variables d’un pays ou d’un organisme à l’autre : soit une absence de recommandation quantitative comme en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas, soit une valeur supérieure d’apport en sucres ajoutés fixée à 10 % pour le Royaume-Uni, certains pays d’Europe du Nord, l’Organisation Mondiale pour la Santé, ou bien encore une valeur limite supérieure à 25 % comme aux Etats-Unis. Et tout cela avec des acceptions très souvent différentes du terme « sucres ajoutés » !

Selon les experts de l’AESA, les questions sur les sucres et la santé relèvent plus des modalités de consommation des produits sucrés (fréquence, quantité, contexte de la prise d’aliment) que de l’apport en sucres en lui-même. Des profils de consommation d’aliments plus que des quantités de nutriments, une autre voie que les experts européens proposent pour établir des recommandations à l’échelle nationale.