L’hypothèse d’une « fenêtre critique » durant les deux premières années de la vie, période durant laquelle les enfants seraient métaboliquement vulnérables, a été discutée pour tenter d’expliquer l’accroissement du surpoids chez les plus jeunes. Par ailleurs, l’augmentation de la consommation de sucres ajoutés, en particulier via les boissons sucrées, s’est trouvée incriminée dans l’exposition au risque de surpoids, malgré une littérature non concluante. Afin d’étudier l’impact de la consommation en sucres ajoutés sur la corpulence future, les auteurs de cette série ont recherché, en analyse multivariée, les éventuelles associations entre le niveau d’apports en sucres ajoutés d’origines diverses (bonbons, boissons,..), évalués à différentes reprises pendant les deux années suivant la naissance (6 mois, 1 an, 18 mois et 2 ans) et les données de corpulence et de masse grasse à sept ans. Ils ont, à cet effet, repris les données d’une cohorte prospective allemande (DOrtmund Nutritional and Anthropometric Longitudinally Designed Study) pour 216 participants. Les résultats obtenus ont montré qu’à 1 an, des apports en sucres ajoutés totaux plus élevés étaient corrélés à un indice de masse corporelle (IMC) plus bas à l’âge de 7 ans. Inversement, une augmentation de la consommation de sucres ajoutés durant la deuxième année avait tendance à être associée à une corpulence plus élevée à 7 ans. Aucun lien n’a été mis en évidence entre apports en sucres ajoutés et taux de masse grasse. Pour expliquer leurs résultats, les auteurs envisagent en premier lieu l’effet satiétant des sucres qui, chez l’enfant de moins de 2 ans, pourrait aboutir à une prise énergétique moindre et donc à un IMC plus bas. Ils émettent ensuite deux hypothèses susceptibles de justifier les données à 2 ans : d’une part, une rapide augmentation des apports en sucres ajoutés (potentiellement par des boissons sucrées), qui se trouverait confrontée à des mécanismes de compensation énergétique encore imprécis et, d’autre part, un niveau de consommation qui serait un marqueur de comportement général.


Direction of associations between added sugar intake in early childhood and body mass index at age 7 years may depend on intake levels. Herbst A., Diethelm K., Cheng G., Alexy U., Icks A., Buyken A.E. J Nutr, 2011, 141:1348-1354

 

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Brèves Nutrition N° 46 - Décembre 2011 - N46011 (Réf 4695)