Votre adolescent passe beaucoup de temps devant des écrans (télévision, réseaux sociaux, jeux vidéo…) ou au téléphone et il consomme beaucoup de boissons sucrées ? Une large cohorte d’adolescents américains a montré que ces deux comportements pourraient être liés et pourraient exposer à des apports en sucres et en caféine dépassant les recommandations.

 

Une cohorte représentative des adolescents américains

L’analyse a porté sur 32 418 adolescents âgés de 13 à 16 ans, représentatifs des jeunes américains, issus de l’étude transversale « Monitoring the Future » (2013-2016). Les consommations quotidiennes de sodas (sucrés ou édulcorés) et de boissons énergisantes y étaient renseignées et permettaient d’estimer les apports en sucres et en caféine provenant de ces boissons. Ces apports étaient alors mis en relation avec le temps que les participants déclaraient passer devant les écrans (ordinateur pour l’école, jeux vidéo, réseaux sociaux, télévision) ou en conversation sur leur téléphone portable[1].

 

Trop de sucres et de caféine chez près d’un quart des jeunes

Entre 2013 et 2016, les consommations rapportées de boissons énergisantes et de sodas diminuaient chaque année. De ce fait, la proportion d’adolescents dont les apports en sucres et en caféine issus de ces boissons dépassaient les deux recommandations de l’OMS[2] a diminué aussi.

Pour autant, en 2016, 26 % des garçons et 21,6 % des filles présentaient encore des apports en sucres, issus des seules boissons considérées, supérieurs à 10 % de l’apport énergétique total (contre 32,2 % des garçons et 25,7 % des filles en 2013). Pour la caféine, 21,2 % des jeunes excédaient les limites d’apports (contre 26 % en 2013).

 

Des apports qui augmentent avec le temps sur écran et au téléphone

En dehors de l’ordinateur pour l’école, l’usage des écrans et les appels sur le téléphone portable étaient associés à des apports quotidiens plus élevés en sucres et en caféine issus des boissons considérées indépendamment du sexe, du niveau d’études de l’enfant ou des parents et du temps passé seul à la maison par l’enfant. Ainsi, chaque heure passée sur les différents types d’écrans ou au téléphone était associée à un apport supplémentaire en sucres (+ 6,92 g par heure passée devant la télévision, + 5,56 g/h passée au téléphone, + 1,99 g/h sur les jeux vidéo et + 1,65 g/h sur les réseaux sociaux) ; de même pour la caféine (respectivement + 16,92 mg/h, + 21,86 mg/h, + 2,78 mg/h et + 5,21 mg/h).

Ainsi, chaque heure devant les écrans augmentait le risque de dépasser les limites fixées par l’OMS pour les sucres libres (risque augmenté de 32 % par heure passée devant la télévision, de 15 %/h passée en conversation sur son portable, et de 7 %/h passée sur les réseaux sociaux et les jeux vidéo) ; ainsi que pour la caféine (respectivement 28%, 18%, 9% et 4 %).

 

La télévision, écran le plus discriminant

La télévision constituait le média associé à l’augmentation la plus importante de l’apport en sucres (+ 14 g/jour) et en caféine (+ 32 mg/jour). Contrairement à ce que les chercheurs avaient supposé, le temps passé sur les jeux vidéo contribuait de manière peu importante aux apports en sucres et caféine issus des sodas et boissons énergisantes.

Considérant le temps passé par les jeunes de cette étude devant la télévision, cet écran était celui ayant la plus grande influence sur le risque de dépassement des recommandations de l’OMS. Les auteurs supposent que l’exposition aux publicités et la passivité (mains libres) face à cet écran est propice à la consommation de boissons sucrées.

 

Un meilleur encadrement des utilisations des écrans par les adolescents pourrait constituer un levier pour limiter leurs apports en sucres et en caféine.

 

À retenir :

  • Près d’un quart des américains de 13 à 15 ans dépassent les limites proposées par l’OMS sur les apports en sucres libres et en caféine uniquement via leur consommation de sodas et de boissons énergisantes.
  • Les apports en sucres et en caféine provenant de ces boissons augmentent avec le temps passé devant les écrans et au téléphone.
  • Parmi les différents usages électroniques, regarder la télévision expose le plus au risque d’excès de sucres et de caféine ;

 

Source : Electronic device use and beverage related sugar and caffeine intake in US adolescents.  Kelly M. Bradbury, Ofir Turel, Katherine M. Morrison.  PLoS ONE 14(10): e0223912. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0223912.

 

[1] En moyenne, 1,97 heures/jour devant la télévision, 1,48 h/j sur les jeux vidéo, 1,36 h/j sur les réseaux sociaux, 0,59 h/j à parler au téléphone et 0,58 h/j sur l’ordinateur pour l’école.

[2] Apports en sucres libres ≤ 10 % de l’apport énergétique (recommandation « forte ») et ≤ 5 % pour des bénéfices supplémentaires (recommandation « conditionnelle ») ; Apports en caféine ≤ 2,5 mg/kg de poids corporel.

Auteur : Kelly M. Bradbury

Documents supports :
Brèves Nutrition n°78