Baromètre du sucre : les Français affirment leurs attentes citoyennes

Baromètre
du sucre : les Français affirment leurs attentes citoyennes

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7 avril 2021

Quelles images le sucre inspire-t-il aux consommateurs d’aujourd’hui ? Correspondent-elles à leurs attentes ? Une récente étude de l’institut OpinionWay révèle d’intéressantes contradictions entre les représentations du sucre et les comportements d’achats déclarés par les Français.

Le sucre reste avant tout un produit « plaisir »

Depuis 2010, l’institut OpinionWay réalise périodiquement, à la demande de Cultures Sucre, une enquête destinée à évaluer les images associées au sucre ainsi que les comportements vis-à-vis du sucre et des produits sucrés. Cette nouvelle édition [1] a été l’occasion d’interroger les consommateurs sur des thèmes qui n’avaient pas encore été explorés, comme la consommation raisonnée.

Les images qui arrivent en tête pour qualifier le sucre le définissent avant tout comme « un plaisir » (91 % des citations) et un produit qui « donne du goût » (90 %), mais aussi un produit qui « évoque l’enfance » (89 %) et « bon pour le moral » (87 %). Par rapport à l’édition précédente, on constate une proportion plus importante (+3 à +7 points) de personnes ayant répondu que ces critères s’appliquent « Très bien » au sucre, par rapport à « bien ». Cette augmentation pourrait être motivée par le contexte de crise sanitaire où le plaisir et le besoin de se « remonter le moral » viendraient compenser les incertitudes. Une hypothèse que semble confirmer le panel de conjoncture annuel Nielsen. Cet outil d’analyse des ventes relève notamment que les farines, produits pour pâtisserie et glaces font partie des familles de produits qui ont le plus progressé en 2020, juste derrière les produits de soin et d’hygiène. [2]

Un ingrédient clé de la tendance « fait-maison »

Cette quête de réassurance s’exprime également à travers la pratique du fait-maison dont la progression a été unanimement constatée. Nielsen note que 92 % des Français ont continué à « prendre le temps pour une cuisine faite maison » après le confinement du printemps 2020 [3]. Parallèlement, l’enquête OpinionWay montre que le sucré a été au cœur de cette dynamique : 54 % des interrogés déclarent faire régulièrement des gâteaux et pâtisseries (contre 47 % en 2016) et 51 % préparent des confitures une ou plusieurs fois par an.

« Origine France » et production locale : les motivations d’achat

Quoique considéré comme un ingrédient incontournable du placard à desserts, le sucre fait l’objet de représentations contradictoires lorsqu’on interroge les consommateurs sur son origine. En effet, bien que 80 % affirment que le sucre est un produit issu de la nature, ils sont 58 % à le considérer comme un produit industriel. « Cette perception est adossée à l’idée persistante que le sucre blanc est un produit « raffiné », transformé par des procédés industriels, commente Philippe Reiser, directeur général de Cultures Sucre. Or, qu’il soit blanc ou roux, de canne ou de betterave, le sucre est toujours extrait des plantes par des procédés physiques qui n’impliquent aucune transformation et permettent de recueillir le saccharose tel qu’il s’est formé dans la plante. La notion de « sucre raffiné » est donc une idée fausse que les acteurs de la filière doivent continuer à combattre, notamment en expliquant au public le procédé d’extraction du sucre. »

Pour autant, toujours selon OpinionWay, les Français se déclarent à 79 % prêts à acheter uniquement du sucre blanc produit en France plutôt qu’un sucre alternatif (agave, coco…) venant de l’étranger. Le mouvement semble bien engagé dans la mesure où 35 % des consommateurs ont tendance à choisir un sucre issu d’une production française. En outre, l’origine « France » est aujourd’hui le 3e critère d’achat de sucre, derrière la variété de sucre (blanc, roux…) et le prix.

Enfin, acheter du sucre issu de betteraves françaises s’impose comme un acte « important » pour 81 % des interrogés qui y voient un levier « pour soutenir les agriculteurs » (66 %), « pour maintenir l’emploi en France » (58 %) et « pour acheter une production locale nécessitant moins de transport » (55 %) [4]. Là encore les intentions vis-à-vis du sucre rejoignent les aspirations actuelles de la société : authenticité et origine des produits, consommation locale et responsable, souveraineté et production territoriale, « do it yourself »…

Consommer le sucre de manière raisonnée

Côté consommation, l’enquête OpinionWay-Cultures Sucre soulève un paradoxe. D’un côté, la moitié des interrogés affirment consommer moins de sucre aujourd’hui que les années passées ; de l’autre, 65 % considèrent que les Français consomment plus de sucre qu’il y a quarante ans. Voire, à 87 %, que la consommation de sucre a carrément explosé ces dix dernières années… Comme le note Chloé Deshayes, responsable Communication et Nutrition de Cultures Sucre, « outre leur aspect contradictoire, ces représentations sont totalement déconnectées de la réalité car il est établi que la consommation moyenne française de sucres est à la fois stable et proche des recommandations d’Autorités de santé telles que l’OMS. » (à ce propos, voir notre dossier Recommandations). Les acteurs de la filière se sont clairement prononcés en faveur d’une consommation raisonnée de leur produit, proposant des arguments qui plaident en faveur d’une relation apaisée avec l’alimentation, en général, et le sucre en particulier. L’enquête vient confirmer que la notion de « consommation raisonnée » mise en avant par la filière depuis plusieurs années est bien comprise par les consommateurs qui la qualifient de : « modération », « refus des excès » de « quantités » réduites ou maîtrisées, d’« équilibre » et de « respect des recommandations ».

La capacité à définir d’une manière aussi précise les comportements vis-à-vis du sucre est d’autant plus significative qu’elle se double d’une injonction sans appel : 92 % des Français estiment qu’il est désormais important de mettre en place une consommation raisonnée de sucre. Un projet de société dans lequel la filière betterave-sucre s’est d’ores et déjà investie aux côtés de toutes les parties prenantes, et une clé pour retrouver une relation apaisée avec notre alimentation.

[1] Enquête réalisée du 10 au 25 novembre 2020 auprès d’un échantillon de 2001 Français âgés de 15 ans et plus.
[2] The Nielsen Company, Conjoncture 2020, p. 84.
[3] The Nielsen Company, Conjoncture 2020, p. 38.
[4] Lorsqu’on demande de quelle(s) plante(s) le sucre est-il principalement extrait, 66 % des répondants citent la betterave et 29 % la canne.

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