Le grignotage ou « snacking » est une des habitudes qui a modifié notre alimentation depuis une trentaine d’années. Les répercussions sur la santé de ce comportement sont débattues, dans la mesure où les aliments et boissons de type « en-cas » sont souvent identifiés comme pourvoyeurs, essentiellement, de graisses et de sucres simples. Bien que certains auteurs avancent que le « snacking » apporte un peu plus que simplement de l’énergie, les travaux scientifiques se sont centrés sur les apports en nutriments simples et l’impact de cette habitude de consommation sur la qualité nutritionnelle globale de l’alimentation est, à ce jour, assez mal connu.

D’où l’intérêt de cette étude, dont l’objectif principal était d’évaluer la relation éventuelle entre le « snacking » et la qualité du régime alimentaire, celle-ci étant mesurée par un outil reflétant la conformité de l’alimentation aux recommandations nutritionnelles en vigueur, le HEI-2005 (Healthy Eating Index-2005).

En pratique, les auteurs ont eu recours à un large échantillon représentatif de 11 209 adultes de 20 ans et plus, issu d’une étude nationale de cohorte américaine menée entre 1999 et 2004 (National Health And Nutrition Examination Survey ou NHANES). Les habitudes de grignotage et la composition de l’alimentation des participants ont été confrontées avec les scores qualitatifs HEI-2005 correspondants.

Contre toute attente, les investigateurs de cette étude ont mis en évidence que, non seulement, le « snacking » n’était pas associé à une alimentation de qualité nutritionnelle pauvre, mais encore que l’alimentation des « grignoteurs » était d’une densité nutritionnelle légèrement supérieure. Ainsi, même si la relation statistique était modeste, le comportement de snacking s’est trouvé associé à des scores HEI-2005 plus élevés.

Outre les résultats globaux, l’outil HEI-2005 a fourni des scores pour différents aliments (lait, légumes, viandes, légumineuses, sel, etc.) qui ont été mis en corrélation avec la fréquence du « snacking ». Il est ainsi apparu qu’au niveau de l’ensemble de l’alimentation, les « bons scores » de certains aliments, associés au grignotage, pouvaient venir compenser certains autres scores plus faibles et par voie de conséquence expliquer le profil relativement « sain » du « snacking ».

Les auteurs concluent que l’évaluation de l’impact nutritionnel du grignotage sur quelques nutriments simples, risque d’occulter d’autres aspects importants et ainsi de biaiser les résultats.

Snacking is associated with overall diet quality among adults. Zizza C.A., Xu B.

J Am Diet Assoc, 2012, vol. 112, No. 2, pp. 291-296.