La relation mère-enfant a longtemps été explorée dans l’étude du comportement alimentaire de l’enfant. Mais qu’en est-il du père, qui aujourd’hui est plus impliqué qu’auparavant auprès de son enfant ?

 

Pas de certitudes mais des pistes à confirmer

Des chercheurs irlandais ont passé en revue une quarantaine de publications internationales (réalisées majoritairement dans des pays anglosaxons au cours des dix dernières années) examinant l’influence du père sur le comportement alimentaire de l’enfant. Il s’agissait entre autres d’examiner l’engagement du père dans l’alimentation de l’enfant, l’influence de ses consommations et pratiques parentales et les perceptions et comportements de la mère vis-à-vis de ces responsabilités paternelles. Premier constat : les études, encore peu nombreuses, et les résultats hétérogènes rendent difficile toute conclusion ; elles indiquent toutefois des pistes à explorer.

 

Des pères impliqués dans l’alimentation de leur enfant

Les pères se sentent tous engagés dans l’alimentation de leur enfant. Leur implication, plus ou moins importante, va de la gestion des achats alimentaires à l’interaction avec l’enfant durant les repas. Leur niveau d’implication est moins élevé lorsqu’ils sont très occupés professionnellement mais il augmente avec l’âge de l’enfant, le statut socio-économique du foyer, le nombre de repas partagés avec l’enfant et lorsqu’il existe une préoccupation vis-à-vis du poids de l’enfant.  Cet engagement est aussi très lié au niveau de responsabilité accordé par les mères, qui se considèrent, pour la plupart, comme les premières responsables de l’alimentation de leur enfant.

 

Une pratique éducative paternelle plus autoritaire

Pour les pères, le repas constitue un moment important de cohésion familiale, d’interaction avec les enfants et de transfert de connaissances. Ils estiment devoir donner le « bon exemple » pour promouvoir une alimentation saine auprès de leur enfant. De fait, les données indiquent que des habitudes alimentaires paternelles saines sont associées à des habitudes alimentaires équilibrées chez l’enfant de moins de 5 ans. Au-delà du modèle alimentaire, le style parental employé pour guider l’alimentation de l’enfant a aussi son importance. Celui du père a ceci de particulier qu’il serait davantage coercitif que celui de la mère : plus autoritaire vis-à-vis des quantités consommées, usant davantage de pression à manger, de récompenses, ou encore de pratiques restrictives lorsqu’une attention est portée au poids de l’enfant. Certaines études suggèrent que ce type de contrôle paternel pourrait conduire à des pratiques d’évitement alimentaire, à des difficultés de l’enfant à réguler ses apports voire favoriserait des comportements alimentaires défavorables (manger sans faim, trop manger ou ne plus manger à la suite d’émotions…).

 

 

 

Le père a-t-il pour autant plus d’influence que la mère sur l’alimentation de l’enfant ?

A la question de savoir si le comportement alimentaire de l’enfant ressemble davantage à celui de la mère ou à celui du père, les scientifiques ne peuvent répondre tant les données sont contradictoires. Mais la ressemblance familiale leur paraît indéniable. Les chercheurs concluent que s’il existe bien une influence et des pratiques éducatives paternelles spécifiques, les interventions sur le comportement des enfants doivent impérativement adopter une approche familiale pour tenir compte de l’influence des deux parents.

 

À retenir :

  • Les pères servant de modèle, ils devraient prendre conscience de leur influence sur le comportement alimentaire de leur enfant pour favoriser la consommation d’aliments plus sains.
  • Ils emploient un style éducatif plus autoritaire que les mères pour réguler l’alimentation de leur enfant, ce qui pourrait avoir des conséquences défavorables.

 

Source : A review of the influence of fathers on children’s eating behaviours and dietary intake. Rahill S, Kennedy A, Kearney J., Appetite 147 (2020) 104540.

Auteur : Rahill S

Documents supports :
Brèves Nutrition Février 2020