Alors que les produits sucrés artificiellement (light) ont été développés pour limiter la prise de poids et contrôler l’épidémie d’obésité, cette étude semble au contraire montrer que le risque d’obésité à long terme est pratiquement doublé chez les gros consommateurs de boissons light. Parmi les 5158 participants de la San Antonio Heart Study pour lesquels la consommation de boissons light avait été évaluée, 3682 sujets ont été réexaminés 8 ans plus tard et l’incidence du surpoids et la variation d’IMC au suivi (∆IMC) ont été évalués. A l’inclusion, les consommateurs de boissons light (n=1604) versus les non-consommateurs (n=1767) comportaient plus de femmes en surpoids ou obèses (IMC>25kg/m2), au régime (33% vs 12%) et faisant plus d’exercice (2,1 vs 1,4 j/semaine) (p<0,0001). Chez les sujets de poids normal (n=1250), la consommation de plus de 21 boissons light/semaine multipliait le risque de surpoids par 1,93, (p=0,007) et chez les sujets déjà en surpoids (IMC<30kg/m2) (n=2571), elle le doublait (OR=2,03, p=0,0005). De plus, la prise de poids était proportionnelle à la quantité de boissons light consommées (non-consommateurs : ∆IMC= 1,01kg/m2 vs 2e quartile : ∆IMC= 1,46kg/m2, p=0,003; 4e quartile : 1,78kg/m2, p<0,0001), soit un ∆IMC global de 47% plus élevé chez les consommateurs versus les non consommateurs. Si cette étude ne démontre pas que la consommation de boissons light est responsable de la prise de poids, elle suggère cependant qu’elle puisse avoir un effet direct ou indirect, ou simplement constituer un marqueur chez des sujets déjà en phase de prise de poids.


Fueling the obesity epidemic? Artificially sweetened beverage use and long-term weight gain. Fowler SP et al. Obesity, 2008, 16, 1894-1900

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Auteur : Fowler SP et al.

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Brève Nutirition N° 34 - Janvier 2009 - N34014