L’évolution du surpoids dans la population française montre que les actions publiques visant à faire évoluer favorablement l’alimentation n’ont pas eu les effets attendus. Il importe donc de connaître ce qui guide le comportement des consommateurs. Tel était le but de l’expertise scientifique collective dirigée par l’INRA à la demande du ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. Selon la vingtaine de scientifiques ayant participé à cette expertise, les campagnes génériques d’information et de prévention en nutrition ont peu d’impact à court terme sur les comportements lorsqu’elles sont utilisées seules, alors qu’une stratégie d’information combinant différents outils et ciblée sur des individus ou des groupes d’individus permet d’agir sur les comportements alimentaires. L’expertise montre que les mécanismes physiologiques de régulation de la prise alimentaire (faim et rassasiement) sont modulés par l’environnement. Les distractions telles que la télévision augmentent les quantités ingérées et perturbent le processus de compensation énergétique d’un repas sur l’autre. La disponibilité et la présentation des aliments sont des leviers d’action plus opérationnels que les prix. Ainsi, la présence de corbeilles de fruits dans les écoles s’est avérée efficace. À l’inverse, packaging et allégations nutritionnelles peuvent induire une sous-estimation de la quantité et/ou du contenu énergétique des aliments. L’établissement de typologies alimentaires tenant compte de la consommation de nutriments mais aussi des pratiques alimentaires, est nécessaire pour étudier les effets de l’alimentation sur la santé. Les experts recommandent que des recherches soient menées dans ce sens.


 

Comportement alimentaire : plus d’études pour de meilleurs effets. Expertise collective INRA, 2010



Documents supports :
Brèves Nutrition N° 41 - Septembre 2010 - N41003